Jean-Luc Mélenchon : de la splendeur à la décadence

Après avoir renié, sans assumer jamais de le dire ouvertement, sa presque victorieuse stratégie « populiste » de conquête du pouvoir…

Après avoir abandonné de fait, depuis dix-huit mois, une importante partie de son projet qui était encore plus le nôtre que le sien…

Après avoir minaudé devant les vieux débris et les traîtres professionnels du PS, et avoir fait clairement passer, à cette occasion, le message que ces salopards-là comptaient bien plus à ses yeux que nous les Insoumis, et qu’en fait eux seuls étaient sa véritable et unique famille quand les Insoumis n’étaient en quelque sorte qu’une famille recomposée comptant pour quantité négligeable à ses yeux,

Après avoir imposé la présence de ces gens du Parti Salopard sur la liste « Maintenant le peuple » [en places éligibles pensent-ils mais rien n’est moins sûr…], sans aucun débat démocratique, et contre la volonté de beaucoup,

Après avoir renié ce pourquoi il s’est battu depuis au moins trois ans à savoir « fédérer le peuple » et non plus « rassembler la gauche »,

Après avoir abandonné, dès le soir du 1er tour, les 7 millions de Français qui lui avaient apporté leur suffrage, en refusant de contester l’authenticité du scrutin et en jouant le jeu pipé de l’Assemblée Nationale, et en plus après nous avoir indirectement incité à voter Macron au second tour « pour faire barrage »,

Après avoir foulé aux pieds son serment de la Porte de Versailles du 19 avril 2012,

Après avoir, unilatéralement et despotiquement, comme tout monarque absolu, depuis près d’un an, changé les termes de ce que nous disions à propos de l’UE pour ne plus défendre qu’un salmigondis indigeste et incompréhensible,

Après avoir installé le « coup d’État permanent » et le viol permanent de la démocratie au sein du PG puis de la FI,

Après avoir tissé des liens indirects avec le monde indigéniste qui n’est qu’un ramassis de racistes, d’anti-laïcs et finalement de fascistes aussi dangereux que les fascistes « traditionnels »,

Après avoir remplacé, s’agissant de ses sources d’inspiration en terme de laïcité, Henri Peña-Ruiz par Danielle Obono, Clémentine Autain et leurs amis (et amies) de la galaxie du Parti des Indigènes de la République,

Après avoir désavoué publiquement, et en termes pour le moins indélicats, il y a quelques semaines, Djordje Kuzmanovic, ceci pour plaire à la frange bobo-gauchiste (affaire des migrants et du nouveau parti « Aufstehen » de Sarah Wagenknecht),

Après avoir superbement ignoré et royalement méprisé la foule des anonymes aussi bien au PG qu’à la FI ou partout en France,

Après s’être claquemuré au sein de sa « Curia Regis », une toute petite cellule de fidèles qu’on peine même à décrire décemment comme le « Conseil du Roi » tant ce conseil est restreint et composé de « médiocres et de rampants » (pour reprendre les termes de Beaumarchais dans une des répliques qu’il met dans la bouche de Figaro dans la pièce Le Mariage de Figaro),

Après avoir vu, sans broncher, s’éloigner les un(e)s et les autres, qu’ils soient anonymes ou célèbres, qu’ils aient été engagés et dévoués sur le terrain, dans des groupes locaux, ou dans des instances diverses (commissions, Conseil national, Bureau National, secrétariat National du PG, ou instances « officieuses » de la FI), et que pour certains, ils aient contribué à des apports fondamentaux au projet et à notre pensée ainsi qu’à nos discours, comme ce fut le cas entre autres de Jacques Généreux, de Raquel Garrido, puis de Charlotte Girard et de Corinne Morel Darleux,

Je pourrais continuer la liste un moment…

Après tout cela donc, sans compter tout ce que je ne dirais pas ici, voici que Jean-Luc Mélenchon accentue encore davantage ce trait détestable de sa personnalité et commence à se vautrer dans la fange d’une indignité croissante.

En réduisant à néant l’influence de Djordje Kuzmanovic sans qui jamais Mélenchon n’aurait pu connaître le résultat si haut qu’il a obtenu fin avril 2017, sans qui jamais il n’aurait eu le soutien d’une partie du haut état-major militaire, Mélenchon montre à tous aujourd’hui à quel point nous nous sommes trompés à son sujet quand nous avons pensé qu’il avait réellement rompu avec le PS, avec ses amis du Parti Salopard, et surtout avec leurs sales combines et leurs odieuses façons de penser et d’agir…

Il n’en est rien. Il n’a en fait jamais changé. Il a seulement été très bon comédien !

C’est juste que depuis plusieurs mois, il ne cesse de retirer, l’un après l’autre, tous les masques qu’il portait.

Oui, c’est un fait indéniable, il est un brillant comédien, voire un adroit hypnotiseur. Il nous aura mystifiés par milliers, par millions, lui qui avait été à bonne école avec le machiavélique Mitterrand !

Un bonimenteur d’un talent tellement rare que l’on en connaît sans doute pas plus que deux ou trois par siècle !

Aujourd’hui, je l’avoue pour la première fois, j’ai honte désormais !

Oui, j’ai honte à l’égard de toutes celles et de tous ceux qui, depuis des années, me mettaient en garde. Je ne voulais pas les entendre. Je me suis même violemment disputé et brouillé avec beaucoup à cause de leur insistance à défendre devant moi un discours hostile à Mélenchon. Je me cabrais. Je le défendais.

Or, c’est eux qui avaient raison et c’est moi qui avais tort.

« On peut tromper quelqu’un tout le temps. On peut aussi tromper tout le monde un certain temps. Mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps » aurait dit un jour, paraît-il, Abraham Lincoln.

Cette citation est un message subliminal que vous pouvez faire passer à Mélenchon si vous le croisez…

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3 réflexions sur « Jean-Luc Mélenchon : de la splendeur à la décadence »

  1. Je confirme la citation de fin, qui est bien d’Abraham Lincoln !

    Ne vous flagellez pas, cher Vincent-Christophe ! Cela ne sert à rien, ça laisse de vilaines marques et ça ne fait pas avancer l’affaire.

    Se tromper est humain. C’est persévérer dans l’erreur qui est diabolique, dit le proverbe. Mais il arrive un moment où lorsqu’on comprend qu’on est effectivement dans l’erreur, il faut en tirer les conclusions. Ce que vous semblez faire dans ce billet.

    Beaucoup de gens se sont trompés. J’en étais. Quand je militais au FdG, j’aimais aussi beaucoup JLM. Mais comme je n’étais pas d’accord avec lui sur la question de l’UE et de la sécession de notre pays, je ne pouvais pas l’adorer inconditionnellement non plus. Je voyais l’homme plutôt lucidement – tel qu’il était en 2012 : décent, sincère, drôle, cultivé, fougueux, proche des gens.

    Mais à un moment, le choix a dû se faire. Mes convictions sécessionnistes face à la fidélité militante lors des élections européennes. Mon choix a été vite fait : mes convictions. L’incohérence politique, très peu pour moi !

    J’étais lucide sur le fait que le programme de l’Humain d’Abord valait vraiment la peine d’être connu et qu’on se batte pour, tout en étant inapplicable tant que la France resterait dans l’UE. Plus tard, nous avions analyzé que JLM, s’il était élu, serait un clone de Tsipras… ça n’était pour rassurer en fait.

    J’ai alors choisi mes convictions sécessionnistes. Je n’ai plus été une « compagne de route » du FdG (car j’étais encartée nulle part). La lente agonie du FdG qui commença lors des municipales en 2014, avec la rupture plus ou moins consommée avec le PCF à cause du PS, tout cela m’a causé de la peine. N’étant pas encartée, je n’avais politiquement que le FdG. Et il avait été saboté !

    J’ai fait la campagne du boycott des européennes en 2014 et j’ai rencontré des gens comme moi, des sécessionnistes. Et lorsque nous avons créé avec eux le PARDEM, alors j’ai su que j’étais arrivé à destination, et prête à militer dans cette structure, avec l’idée non seulement de la sécession hors de l’UE – qui n’est qu’une étape, et non une fin en soi – mais aussi pour cette idée encore plus grande, plus formidable : la démondialisation comme moyen d’éradiquer le capitalisme ! Whoa ! Le champ des possibles s’est alors considérablement élargi en ce qui me concernait.

    Plus tard, en 2017, j’ai vu comment avaient été traités des copains communistes qui avaient fait les campagnes de JLM en 2012 et 2017, lorsqu’il se fut agit des investitures pour les législatives en 2017… L’un d’eux a été très très proche de JLM et il a été « trahi » d’une certaine manière lorsque la FI lui a opposé une candidate dans la circo où il se présentait. La division des voix, alors qu’il fournissait un travail politique et militant considérable, lui a fait perdre le combat, face à une nana de la FI qu’on n’avait jamais vu sur place.

    Là, j’ai senti, vu de l’extérieur (j’étais déjà au PARDEM) que c’était purement dégueulasse, ce manque absolu de reconnaissance des anciens alliés et appuis, même communistes. J’étais triste pour ces camarades fidèles. Et en lisant vos billets et l’article paru dans Marianne de Djorje Kuzmanovic sur les raisons de son départ de la FI, j’ai pensé très fort à ce camarade communiste du FdG puis de FI en 2017… Misère ! D’autant plus que j’appréciais aussi d’écouter Djorje Kuzmanovic pour les raisons mêmes pour lesquelles il s’est quelque part fait « évincer » !

    Je vous dis tout cela parce qu’il ne faut pas regretter son propre parcours. Il est ce qu’il est, avec nos regrets, nos erreurs, nos joies et nos réussites. Ces expériences font partie de nous, elles sont en nous, elles nous enrichissent et nous permettent d’apporter des choses à l’expérience qui suivra, quelle qu’elle soit.

    ps : j’aime bien « Parti Salopard » pour PS. Maintenant qu’ils ont vendu Solférino, ça devient difficile de les qualifier de « solfériniens » ! « Salopards » leur va infiniment mieux, comme l’avait dit le regretté François Delapierre. Surtout quand on voit ce qu’ils ont fait à notre pays et à nos concitoyens (même s’ils ne sont pas les seuls responsables bien entendu).

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Vinnie. J’avais déjà acté la rupture fin septembre – début octobre. Ce blog a été créé à cette occasion d’ailleurs, pour repartir sur de nouvelles bases. Et mes premiers billets furent violents contre Mélenchon et la FI. Puis, à cause des perquisitions, j’ai mis en suspens mes critiques et j’ai pris fait et cause pour Mélenchon car ce qui s’est passé dépassait très largement sa personne et son mouvement. C’étai gravissime. J’ai également écrit des billets à ce sujet. Les uns comme les autres sont disponibles sur ce blog. Il suffit de remonter dans le calendrier. Le premier, qui ouvre ce blog, date du 30/09. Mais l’incident passé, et Mélenchon et la FI recommençant à chier dans la colle, je sors désormais la grosse Bertha, l’orgue de Staline, la sulfateuse. Parce que là, je suis à chaud. Mais très vite, ma colère va s’apaiser et je vais faire oeuvre utile avec mes camarades et ami-e-s pour construire tout autre chose auquel je crois depuis des années : un CNR 2.0.

      Merci de me suivre assidûment et de commenter. Je réponds rarement sur ce blog. J’en suis navré. Auriez-vous un compte Facebook pour que nous puissions échanger ?

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      1. Cher Vincent-Christophe, je n’ai pas de compte FB mais je suis joignable par le courriel que j’utilise pour m’identifier pour commenter vos billets. Oui, j’échangerais volontiers avec vous !
        Mon courriel : virginia_d_lombard (at) yahoo (dot) com

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