[Billet invité – Poésie politique] – « La révolte des riens » – Par Baloo Kâa

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes debout, foule, chapeau et plein air

Les élites et les naïfs clamaient partout que La République Était Magnifique

Depuis qu’elle était dirigée par ce golden boy hyper dynamique,

Qui prétendait qu’avec lui, la France sortirait du marasme économique.

Il avait le soutien des puissants et pour les Français, ça serait donc bénéfique.

*

Qu’en est-il vraiment aujourd’hui alors que dix huit mois se sont écoulés ?

Son ennemi à lui, ce n’est pas la finance, bien au contraire, il est l’un des leurs

Et pour montrer qu’il l’assume, il donne sans compter à ses amis patrons

Alors qu’il parle de justice sociale. Il lui faut donc semer des leurres,

En affirmant qu’un jour, les premiers de cordée sauront faire ruisseler.

La réalité est toute autre car les travailleurs sont pressés comme des citrons.

*

À trop presser l’agrume, c’est bien connu, à un moment, il n’y a plus d’jus,

Le citron asséché implora donc l’oppresseur d’arrêter car il n’en peut plus.

L’assoiffé compulsif écoute la doléance, dit qu’il comprend son triste sort

Mais qu’il a d’autres chats à fouetter, des pigeons à plumer à l’aurore

Et des vaches à lait à traire car il a besoin de liquidités dans ses caisses.

Il ajoute même : « Quand les temps sont durs, il faut savoir serrer les fesses » !

*

Décidément, ces citrons réfractaires n’ont aucune reconnaissance.

Ils habitent un beau pays, ont une réelle utilité pour la Haute France

Et se plaignaient alors que d’autres fruits migrants sont, eux, en déshérence.

Pour les avides citronneurs , les citrons français frôlent même l’indécence.

*

Sors de mon corps Jean de La Fontaine, je n’suis pas là pour conter une fable,

Nous sommes en 2018 et le temps des seigneurs et des serfs est revenu.

Quelques milliers de riches, des millions qui subissent une vie exécrable,

Voilà le tableau réel d’une France inégale menée par une poignée de parvenus.

Comment imaginer qu’un tel système puisse perdurer sans aucune révolte,

Qu’un peuple humilié puisse accepter les abus d’un président désinvolte ?

*

Après avoir cassé le code du travail et gagné, dans la foulée, la bataille du rail

Il pensait sûrement que rien ne lui résisterait car il tenait ferme le gouvernail.

Alors il a continué à provoquer le monde et sous couvert de sécurité routière,

Il a décidé d’abaisser la vitesse sur les routes et a multiplié les boites à cash,

Mais ce n’était pas encore assez, il voulait amplifier la répression policière

Pour que l’argent coule à flot à Bercy et donc, il fallait que le peuple crache.

*

C’est là que les citrons ont compris que l’ex banquier était un vrai bandit

Et qu’il n’hésiterait pas un instant à les racketter jusqu’à leurs derniers radis.

C’est là aussi que le tsunami contestataire à commencé à se structurer,

Que la résistance s’est organisée car cette situation ne pouvait plus durer.

*

Alors, pour une goutte d’essence surtaxée à l’excès, le vase a fini par déborder.

Colère et ras le bol ont transformé ce peuple citron en Gilets Jaunes excédés

Et en révoltés bien déterminés à affronter ce souverain qui les méprisent.

L’orgueilleux inflexible ne veut pourtant rien céder à ces gueux qu’ils brisent

Et à qui il explique en souriant, qu’il faut garder le cap, pour sauver la planète.

Ils lui parlent d’urgence sociale, il répond taxe carbone. Ce mec n’est pas net.

*

Ces hommes et ces femmes dépeints comme des extrémistes incontrôlables

Sont en fait de simples citoyens qu’un président méprisant a poussés à bout.

Au départ, ils ne demandaient presque rien et en plus, ils étaient aimables.

Ils voulaient juste un geste sur les taxes mais ça, c’était un sujet tabou,

Le palais n’était pas disposé à satisfaire ces contestataires fluorescents,

Sa politique et ses choix étaient sans appel, le peuple devait être obéissant.

*

Face à tant de mépris et face à cette ridicule arrogance présidentielle,

La réponse de cette classe populaire qui réclame le droit de vivre dignement

A été claire. « Vous nous prenez pour des moutons tout juste bons à tondre,

Nous allons devenir des fauves et notre rage ne sera pas superficielle.

Vous avez déconsidéré notre colère, vous entendrez bientôt notre jugement. »

*

Le début d’une révolte a mis les beaux quartiers de Paris sous les décombres

Et l’oligarchie commence vraiment à s’inquiéter car l’insurrection se propage.

La France lacrymisée devient irrespirable et se prépare à un possible carnage

Car le foutage de gueule est toujours En Marche avec ce moratoire proposé

Qui a pour seul objectif d’essayer de ralentir la chute d’un pouvoir nécrosé.

*

Le peuple qui se révolte a donc répondu qu’il ne tomberait pas dans le piège

De cette manipulation macronienne et que de l’Élysée il allait faire le siège.

Les Marcheurs politiciens et leurs journalistes acoquinés sont désemparés

Devant cette détermination populaire qu’ils n’arrivent pas à contrecarrer.

Ils avaient pris l’habitude d’obtenir gain de cause avec les syndicats

À chaque conflit mais aujourd’hui le problème est beaucoup plus délicat.

Personne ne veut se mettre autour d’une table avec des enfumeurs aguerris,

Qui veulent imposer leurs taxes et répriment les contestataires manu militari.

*

Dans une contestation affirmée qui prend la forme d’une insurrection

Le précieux ridicule Macron doit déjà assumer la mort de plusieurs Français.

Lui qui osait critiquer la présidence de Nicolas Maduro au Venezuela,

Lui et ses soutiens des médias qui le qualifiaient de dictateur scélérat,

Peuvent-ils jouer les donneurs de leçon démocrates après cette répression ?

Peuvent-ils encore s’ériger comme barrage à la dictature ? Non, plus jamais.

*

L’histoire va maintenant s’écrire avec toutes les forces en présence.

D’un côté, le peuple qui ne supporte plus d’être affamé à cause des énarques,

De l’autre, la macronie prête à envoyer sa milice pour écraser la résistance,

Continuer ses basses œuvres libérales et montrer la puissance du monarque.

Si le peuple confirme vraiment son envie de prendre en mains son destin

Dans une assemblée constituante, qui peut croire à une révolution pacifique ?

Qui peut imaginer que l’oligarchie accepte de céder le pouvoir aux mutins

Sans avoir utilisé tous les moyens possibles ? C’est une vision utopique.

*

Le seul réalisme d’actualité c’est que la violence appelle la violence

Et en ce moment, Macron prépare un déploiement de force sans précédent

Pour mettre hors d’état de nuire tous ceux qui oseront lui résister.

En invoquant l’état de droit, il prétextera que la République est en danger

Et mettra en place des mesures anti terroristes en décrétant l’état d’urgence

Qui lui permettront par exemple d’assigner à résidence tous les récalcitrants.

*

La seule solution pour détrôner l’arrogant, c’est un blocage général du pays.

Peu importe que Macron abandonne cette taxe dans un esprit d’accalmie,

L’urgence est à la coagulation des colères pour créer un vrai rapport de force

Avec l’aide notamment, des routiers, des agriculteurs et des dockers.

Il est plus que temps d’en finir avec le roitelet, notifions-lui l’acte de divorce

Pour tromperie avérée mais surtout parce que nous avons besoin d’air.

 

Une réflexion sur « [Billet invité – Poésie politique] – « La révolte des riens » – Par Baloo Kâa »

  1. Magnifique ! Dans la pure tradition des mazarinades, libelles et autres pamphlets tout en vers. Tout y est dit ! Merci pour cette bouffée d’oxygène car effectivement, nous avons « besoin d’air » !

    Aimé par 1 personne

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