La liste de la France Insoumise pour l’élection européenne 2019 : la menace d’un sabre de bois !

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Je vous livre ci-dessous les réflexions que m’ont inspiré d’une part l’annonce de la composition officielle de la liste « Maintenant le peuple » présentée par la France Insoumise pour l’élection européenne à venir, et d’autre part le contexte politique général avec la révolte des Gilets Jaunes…

Le sabre de bois est cette arme que Polichinelle (Pulcinella) c’est-à-dire l’un des personnages de la comédie italienne la Commedia dell’Arte sortait sans cesse pour donner le sentiment de se battre contre ses adversaires et ses ennemis mais qui ne leur faisait jamais aucun mal puisqu’il ne se battait que pour de faux comme diraient les enfants… Eh bien, Mélenchon ressemble de plus en plus à ce personnage de théâtre !

La COMmEDIA DELl’ ARTE. - ppt video online télécharger

La composition de la liste a donc été rendue publique hier, samedi 8 décembre 2018. On peut la retrouver ici.

Je vois dans cette liste le dernier coup de canon (mais le boulet est en mousse…) d’un équipage du vieux monde qui tente le sauve-qui-peut à la veille du jour où il va être emporté !

La tête de liste désignée n’aura qu’un rôle de figuration. Et de symbole. Fort mal choisi au demeurant. Et cachant fort mal une réalité de plus en plus glauque.

Cette tête de liste n’est là que par procuration…

La liste « Maintenant le peuple » ou comment, après s’être tiré plusieurs balles dans les pieds, s’en mettre une en pleine tête !

Voyez les noms inscrits sur cette liste, en particulier les premiers…

Mhhh, y’a bon !!!

Il y a des gens sans doute bien sur cette liste. Beaucoup me sont inconnus et bénéficient donc, dans mon esprit, du doute en ce sens que je ne juge mal les gens qu’après les avoir vus à l’oeuvre !

Et j’en connais quelques-uns. Pour certains, je me demande bien ce qu’ils ont en tête pour embarquer sur ce rafiot-Titanic ! Ou pour reprendre une célèbre réplique de cette pièce de Molière Les fourberies de Scapin : Que diable vont-ils faire dans cette galère ?

Pour d’autres, ce n’est que top clair : on recase plusieurs des battus du suffrage législatif. C’est cela qui est « génial » avec le scrutin de liste, quand – mais c’est toujours ainsi que les choses se passent – la liste est confectionnée par les partis. Oui, je sais : la France Insoumise n’est pas un parti mais un mouvement. Mais cette nuance de vocabulaire mise à part, les différences sont bien subtiles, pour ne pas dire que c’est une pure arnaque que de faire croire à de véritables et profondes différences. La liste est toujours confectionnée par les bureaucrates et les apparatchiks qui gravitent au sommet autour de l’astre du moment, avec l’aval soi-disant « des gens » via quelques procédés innovants, mais qui cachent mal la décision des véritables décideurs…

Et si cette liste affiche, en effet, quelques « ordinaires » tout à fait estimables sans nul doute (je dis cela sans aucune ironie), ils sont bien placés… après les « Grands »… Faut pas déconner non plus ! La politique est une chose sérieuse et certains sont plus égaux que d’autres…

J’ai dit plus haut « par procuration » car tout le monde (à part les Insoumis victimes du syndrome de l’enfermement) a bien compris que, depuis que Charlotte Girard s’est retirée d’elle-même, la véritable tête de liste est Manu Bompard, Vice-Roi de la France Insoumise, sacré par le seul fait du prince et l’aval poli des courtisans.

Sauf que vu qu’il a le charisme d’un bulot (desséché par une trop longue exposition au soleil) et vu qu’il est assez contesté (j’use là d’un euphémisme), eh bien il a été jugé préférable de ne pas le mettre en première position. Mais rassurez-vous, il n’est pas loin puisqu’il est le suivant…

Si on prend connaissance de cette liste officielle publiée hier, 8 décembre, à l’occasion de la nouvelle convention de la FI (qui s’est tenue à Bordeaux), on est pris d’un puissant vertige… Pour ne pas dire d’un profond dégoût ! Je ne vais pas entrer dans le détail et je n’ai pas envie de citer de noms mais chacun constatera, par lui-même, combien est appétissante et enthousiasmante cette liste-là ! Les « ordinaires » si j’ose dire sont bien loin et ne risquent pas d’être élus. Les caciques, eux, sont en tête de liste… Ce serait à mourir de rire si ce n’était pas si triste de voir la FI singer aussi effrontément les pratiques du Parti Salopard et de tous les partis d’ailleurs

Le PS est mort. Vive la France Insoumise ! Oui, c’est tout à fait cela.

Maurel est là, bien placé, en 6ème position. Il espère bien sauver son siège de député européen du PS. Il aura seulement changé d’étiquette entre-temps. Enfin, qu’il soit élu malgré sa 6ème place, rien n’est moins sûr car vu la rage du peuple, et vu que la FI ne risque pas d’être perçue comme le recours et l’alternative, je serais bien curieux de savoir où se situe exactement le seuil de l’ « éligibilité »…

Il est même assez cocasse, pour ne pas dire grotesque, que l’on retrouve en avant-dernière position… Mélenchon lui-même, précédant Charlotte Girard qui ferme la liste…

Mon ressenti est des plus contrastés sur ce point mais je n’en dirai pas davantage !

*

Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, cette liste va se prendre une mémorable torgnole / raclée / branlée / déculottée…(choisissez le terme qui vous paraît le plus approprié) le jour de l’élection prévue le 26 mai 2019.

Enfin si cette élection a bien lieu ! Parce que d’ici là, ce sont encore près de 5 mois qui vont s’écouler et vu les circonstances du moment, en France et ailleurs au sein de l’UE, rien ne garantit à coup sûr que le paysage politique et institutionnel n’aura pas été bouleversé d’ici là…

Et si la 5e République tient encore, ce sera par un fil de plus en plus élimé.

Quant à l’UE, si elle ne s’est pas effondrée d’ici là, je prends le pari que les peuples européens auront contre elle un ressentiment bien plus vif encore que celui qu’ils peuvent déjà avoir aujourd’hui.

Pour la bonne raison que chacun – et donc les décideurs de l’UE et leurs pantins à Bruxelles au premier chef – sait bien que la fin de l’UE se rapproche de plus en plus, d’une part sous les coups de boutoir nationalistes que cette URSS 2.0 subit de la part de certains gouvernements, d’autre part en raison des violences que les gouvernements européens, sous l’autorité de l’UE, imposent aux peuples révoltés contre elle et contre eux. Et encore, là je ne parle que de politique mais si l’on étudie les questions économiques et monétaires, on comprend bien qu’une crise majeure est sur le point d’éclater, crise qui porte en elle la quasi certitude de voir le mécano de l’UE s’effondrer comme un château de cartes !

Je suis interloqué (enfin plus tant que ça maintenant…) de voir combien le sommet de la FI se trouve coupé du monde réel. Organiser hier cette convention (certes prévue de longue date) et évoquer le sujet de l’élection européenne, présenter une liste telle que je l’ai dénoncée plus haut, dans ce moment politique que nous vivons, et pour une nouvelle séquence électorale qui pourrait bien ne pas avoir lieu, c’est vraiment être stratosphérisé, ou sous influence de quelques narcotiques malins

Je suis à l’unisson avec Djordje Kuzmanovic qui a écrit hier (08/12/2018) sur son compte Facebook :

« Même si la date en avait été fixée il y a longtemps, il eut peut-être fallu trouver un autre moment pour tenir cette convention, alors que le pays vit un moment de crise sociale et politique sans précédent, que Macron et le gouvernement ont choisi de gérer par la répression.

L’événement pouvait difficilement être plus décalé. La composition de la liste pour les européennes n’est pas un enjeu à la mesure du cataclysme historique que traverse la France. Il est même fort possible que notre pays connaisse une crise de régime avant la tenue de cette échéance électorale fort lointaine.»

La France Insoumise qui avait fait naître tant d’espoirs au printemps de l’an dernier, a explosé en plein vol, par la faute non pas de cruels terroristes l’ayant prise pour cible, mais de pilotes incompétents et surtout totalement sous influence.

Si élection européenne il y a bien, alors le résultat de la liste France Insoumise sera calamiteux, se rapprochant, je le crains pour eux, du score de Benoît Hamon l’an dernier. Les dernières élections législatives (et en particulier la toute dernière de l’Essonne fin novembre) après les élections législatives de juin 2017 qui avaient déjà été un signal d’alerte, ont bien montré que le peuple qui avait voté Mélenchon au 1er tour de la présidentielle, ne s’était jamais retrouvé ensuite dans les candidats de la FI…

Alors, depuis que j’évoque ce sujet, de grands esprits me font la leçon et m’expliquent qu’une élection européenne est NATIONALE tandis que des législatives sont des élections LOCALES… Merci à eux de me l’apprendre. Je me sens moins bête de le savoir…

Mais je trouve cet argument un peu court. Les élections européennes ont toujours été des moments d’insurrection électorale se manifestant bien plus par l’abstention que par des votes positifs. Et de tout temps, les listes contestataires ou alternatives l’ont emporté haut la main… Du coup, justement, la FI correspond, me dit-on, à ces deux critères.

Ben non, justement. Plus maintenant !

Si la FI avait maintenu le discours porté et la stratégie mise en œuvre lors de la campagne présidentielle, alors oui, en effet, la FI avait, devant elle, les plus beaux espoirs de sortir en tête, et peut-être même aurait-elle conduit à ce que le peuple participe davantage que par le passé à cette élection.

En pratique, les électeurs et électrices de ce peuple auraient sans doute considéré, en leur for intérieur, et sans qu’on ait besoin de marteler cette idée comme un mantra, qu’il s’agissait bien d’un « référendum anti-Macron », en même temps que d’un nouveau référendum anti-UE.

Sauf que, la FI, son illustre Numéro Un et ses autres animateurs nationaux, ont choisi de rebrousser chemin et de revenir aux jeux politiciens les plus détestables, et les plus détestés par les électeurs. Et elle va en payer le prix ! Elle aura des cendres dans la bouche !

La FI et Mélenchon avaient une autoroute devant eux au printemps dernier. Mais ils ont pris une bretelle pour revenir sur les chemins vicinaux. Alors forcément, ils ont perdu de l’énergie en route, et des forces, à mesure que la vision de leur point de destination se faisait moins claire, et que le cortège s’étirait inlassablement, en plus de se réduire en densité…

Alors qu’au printemps dernier, la FI constituait une masse compacte composée de cellules étroitement imbriquées les unes aux autres, faisant que l’adversaire ou l’ennemi était incapable de lui infliger de sérieux dommages, la FI est devenue, par son seul fait, par sa seule volonté, un ensemble informe, une auberge espagnole, tiraillée entre des positions, des souhaits et des exigences contraires, ce qui l’a conduite à ne plus pouvoir progresser et même à régresser sans avoir eu le temps de faire du sur-place. Car, ainsi que le dit cette maxime prêtée à Che Gevara : « La révolution, c’est comme une bicyclette. Si elle n’avance pas, elle tombe ! »

Les décideurs de la FI, sans doute conscients des dangers que représentait ce tiraillement entre positions et exigences contraires, ont décidé de faire le ménage mais ils ne l’ont fait que partiellement. Ils ont évacué de l’auberge espagnole tous ceux qui n’avaient pas le tempérament de rampant ou de courtisan. Et ils ont chassé ceux qui n’avaient pas l’intention d’avaler des couleuvres. Mais ils ont, ce faisant, achevé de reconnaître que, désormais, le discours et la stratégie de la FI, ne sont plus du tout celui et celle que nous avions collectivement embrassés au printemps dernier.

Dit autrement, l’état-major de la FI s’est mutiné contre les choix faits l’an dernier par le capitaine et par tout l’équipage. À ceci près que ce n’est pas une mutinerie à proprement parler puisque le capitaine d’une part, et un grand nombre de passagers d’autre part, ont avalisé cette prise de contrôle et ce changement de cap !

Certains ont parlé de « putsch » mais là encore il me semble que le mot est tout à fait impropre à décrire la situation. Car un « putsch » évacue les principaux responsables, pas les subalternes sans pouvoir réel ! Or là, les principaux responsables demeurent. Ce sont les subalternes qui sont éjectés. Et ce, avec le plein accord du Roi. En fait, je pourrais dire que le souverain a « disgracié » certains des membres de son « Conseil » et fait savoir qu’il ne mettrait pas son veto au putsch organisé par son Vice-Roi (certaines mauvaises langues parlent de son « Vizir » ; il est vrai que le « Roi » semble également avoir les travers de certains sultans…). Du coup, ce n’est pas un « putsch » mais plutôt ce qu’on appelle une « révolution de palais »… Et la prise de pouvoir résulte, au moins en partie, de l’influence des plus néfastes de la maîtresse du moment !

On change quelques hommes subalternes, sans pouvoir réel mais malgré tout gênants car influents, on dit partout que « rien n’a changé » sinon dans l’esprit « fantasmagorique » de quelques « frustrés » de n’avoir plus les grâces du Roi, et on rappelle d’anciens adversaires…

C’est curieux mais j’ai déjà vécu cela. C’était dans les années 1995-1997… Je n’en parlerai pas ici mais je suis amusé de constater ce rapprochement de deux situations qui pourtant n’avaient pas vocation à être comparables…

« Il faut que tout change pour que rien ne change » disait Tommaso di Lampedusa, l’auteur italien du roman (devenu film à succès) Le guépard à propos de la décadence de l’aristocratie sicilienne au tournant du XXe siècle.

Je vous suggère de renverser les termes de cette maxime [Il faut que rien ne change pour que tout change] ; eh bien vous avez une description assez édifiante de ce qui s’est passé à la FI.

La FI, après avoir fait progresser la cause du peuple comme jamais depuis des décennies, nous a fait régresser, en quelques mois, de plusieurs années. Pas par accident. Pas par incompétence. Pas par erreur. Mais par volonté consciente et délibérée.

Une de mes amies ne cessait de dire, et depuis bien longtemps, que « nos » cadres n’étaient pas désireux en réalité (pour la plupart d’entre eux) de rendre vraiment le pouvoir au peuple, à l’inverse de leurs éternels discours proclamés partout, sur tous les tons, et tout le temps. D’ailleurs, le fonctionnement interne du Parti de Gauche puis de la France Insoumise en attestait de la manière la plus éclatante qui soit ! La démocratie, le slogan « Place au peuple », c’est pour les discours. Jamais pour la pratique quotidienne.

Aujourd’hui, certains (beaucoup trop encore) refusent de voir cela. D’autres (eux aussi trop nombreux) bien que plus lucides n’en tirent pas les conséquences inéluctables pour eux-mêmes et se rattachent encore à la FI et à Mélenchon comme des naufragés s’agrippent à des bouées et à un radeau de sauvetage…

Mais on ne peut aller bien loin avec de tels outils, surtout dans une mer déchaînée ! On ne peut que disparaître !

Je comprends bien évidemment l’immense désillusion que cette situation engendre, et surtout l’interrogation qui se pose alors : que faire ?

Si Mélenchon, si la France Insoumise, à leur tour, abandonnent ce qui avait fait leur force pour endosser un autre discours et une autre logique politique, que nous reste-t-il ? Ne doit-on pas faire contre mauvaise fortune bon coeur ? Ne doit-on pas mettre de l’eau dans notre vin et accepter cette évolution pour la bonne cause ? Ne doit-on pas préserver ce qui a été si difficilement édifié même si aujourd’hui, de fait, la force construite collectivement s’est détournée de ce pourquoi elle avait été édifiée ?

Mon avis est que ce serait folie d’avaliser un tel raisonnement. Les Insoumis que nous étions se seraient fait couper en rondelles par nos adversaires et nos ennemis pour défendre la cause commune, le discours que nous portions, la stratégie que nous suivions et les leaders que nous soutenions.

De même, aussi longtemps que Mélenchon était notre Jean Moulin, nous aurions enduré les tourments et les outrages de nos bourreaux. D’ailleurs, il suffit de voir combien d’Insoumis – pourtant très critiques depuis des mois – se sont immédiatement ligués avec Mélenchon et la FI, contre nos ennemis communs, lors des scandaleuses perquisitions.

Mais tout n’est pas acceptable. Nous ne pouvons pas fermer les yeux. Nous ne sommes pas des moutons. Nous avons notre capacité de jugement, d’analyse, de discernement, et notre décision ne relève QUE de NOTRE jugement. Et quand ceux que nous soutenons chient dans la colle, nous ne pouvons que les dénoncer avec la plus grande force. Et comme les débats internes sont prohibés, il ne faut pas s’étonner que certains se servent de la presse, fut-elle notre adversaire, pour les imposer, pour enfoncer des portes verrouillées. Le but n’est pas de nuire mais de forcer la FI à entendre les récriminations et à admettre l’existence de débats.

« Le linge sale se lave en famille » entend-on partout, au PCF, au PG, à la FI ou à la CGT… Mais justement, dans ces organisations, le linge sale ne se lave pas. Jamais ! Les débats ne sont que symboliques et tout contestataire est immédiatement jeté aux chiens, comme ennemi ! Depuis des années, je constate, comme tant d’autres, que ces organisations-là ne sont que des simulacres de démocratie avec en leur sein de véritables chiens de garde des dirigeants, et des milliers de moutons qui bêlent en cadence avec les chefs et qui n’hésitent pas à mettre les critiques sous le paillasson et ceux qui les émettent sous la mitraille…

Insoumission bidon et opposition de pacotille ! Démocratie illusoire !

Ces quatre organisations sont, elles aussi, infestées, vérolées, gangrenées par le présidentialisme et par les logiques monarchiques mortifères de la 5e République.

Quand un militant du Parti de Gauche ou du PCF, quand un membre de la FI ou un syndiqué CGT conteste le choix de la direction de tourner le dos à ce qui donne sa légitimité à l’organisation, il ne reçoit que sarcasmes, mépris, sans compter les agressions et les mises au ban.

En prétendant que c’est nous qui affabulons quand nous dénonçons des revirements ou des collusions détestables, en accusant les critiques internes de faire le jeu de nos ennemis, en excluant de l’organisation ou de toute responsabilité en son sein, celles et ceux qui ne sont pas alignés, ces directions se comportent exactement comme ceux que nous avons toujours dénoncés.

Quand les décideurs du sommet de la FI finissent par évacuer les critiques, qui d’une liste, qui d’un comité, qui de la plateforme, en les présentant aux yeux de tous comme des fauteurs de troubles, des « frustrés », des « ego boursouflés », des « macroniens masqués » et finalement des « ennemis de l’intérieur », c’est bien que la folie s’est emparée des esprits. Et qu’il est plus que temps, pour celles et ceux qui ne l’avaient pas encore fait, de détaler d’urgence, pour ne pas être contaminés eux-mêmes…

« Pour comprendre un système, il faut s’en extraire. On a toujours le choix de sortir ou de rester dans sa propre cage. » disait Bernard WERBER.

M’extraire de ce machin, c’est le choix que j’ai fait, avec beaucoup d’autres, depuis des semaines. Et ce choix ne peut que se multiplier…

Avoir le meilleur projet possible ne suffit pas. Il est préférable d’avoir aussi les gens qu’il faut pour le mettre en oeuvre !

Des gens déterminés et qui sauront tenir tête aux forces adverses. Pas des guignols de cirque qui se la jouent durs à cuire et qui se font tout mielleux devant le Président de la République, y compris quand ce dernier se moque ouvertement d’eux et les placent dans un véritable traquenard, dans lequel la « victime » accepte de bon gré de rester près d’un quart d’heure durant, alimentant la machine, sous les yeux ébahis de l’entourage de Macron qui n’en demandait pas tant et qui ne devait pas imaginer à quel point Mélenchon jouerait aussi bien le jeu espéré ! Même Younous Omarjee pourtant présent à côté de Mélenchon et spectateur de la scène en train de se jouer sous ses yeux, pas plus qu’un autre Insoumis à proximité, n’a perçu le danger majeur de cette mauvaise comédie et pris l’initiative d’extirper illico Mélenchon d’un tel machiavélique piège !

Des gens constants dans leurs intentions, et pas des girouettes qui tournent avec le vent.

Des gens qui ont montré, dans leur comportement, qu’ils sont bien imprégnés des principes démocratiques qu’ils vantent tant dans leurs discours, et pas des bonimenteurs qui attirent ainsi le chaland et qui se comportent, depuis toujours, dans leurs organisations, comme des despotes, et des souverains absolus, entourés d’une cour de courtisans et de rampants nuisibles ne risquant pas de faire de l’ombre au monarque !

Quand une force portée très haut perd ses fondations, elle n’est pas loin de l’effondrement. Et comme les tours de New York, la chute pourrait se faire à la vitesse de la chute libre ! Et alors, tous ceux qui avaient mis une pierre à l’édifice, avec les meilleures intentions du monde, se sentent découragés, pour ne pas dire désespérés.

Mais ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! On apprend de ses échecs et de ses déceptions. Et on repart d’un pied plus ferme encore.

En ce début décembre 2018, la France est en proie à un mouvement de profonde révolte. On n’en est pas encore à l’insurrection ouverte ou à l’émeute, et donc pas encore à une révolution à proprement parler, mais on n’en est plus très loin, semble-t-il !

La volonté des Gilets Jaunes semble claire et inflexible. Résister ! Oui résister ! Tenir ! Tenir dans la durée s’il le faut ! Comme l’ordre donné à ces soldats de tenir le pont de Pegasus Bridge à Bénouville, lors des premières heures du Débarquement en Normandie. “Vous tiendrez jusqu’à ce qu’on vous relève !

Oui, résister ! Mais aussi repartir enfin à la reconquête ! Ne plus seulement résister mais bien reprendre à l’ennemi le terrain que nous lui avons concédé. En fait que nos « représentants » lui ont concédé en notre nom mais contre notre gré. Sans lui en laisser aucune portion !

Pas seulement en manifestant sagement dans les rues de Paris et de toute la France ! Pas seulement en tenant quelques giratoires. Pas seulement en se montrant quelques heures à proximité des Préfectures ou de quelques autres lieux de pouvoir !

Non, il semble clair que les Gilets Jaunes – certes à bas bruit et sous les écrans radar – s’organisent bel et bien pour tenir. Et pour augmenter sans cesse la pression sur les organes du pouvoir. Les prochains jours et les prochaines semaines, je le crois, vont être édifiantes à ce sujet.

J’ignore ce que nous obtiendrons. J’ignore les conditions dans lesquelles la vie politique française – et peut-être européenne – va être profondément chamboulée dans un avenir proche. Mais, à l’instar d’un autre, je suis convaincu que la question n’est pas de savoir SI nous gouvernerons un jour mais QUAND ! Ce jour-là ne cesse de se rapprocher de nous !

Sauf que, contrairement à celui qui en fait le postulat depuis des années, je ne crois plus que ceux qui gouverneront seront issus de son mouvement ! Parce que je crois au contraire que ce mouvement-là – je parle bien de la France Insoumise – est désormais irrémédiablement discrédité dans la tête des gens. Il suffit de poser la question aux Gilets Jaunes pour le comprendre…

Celles et ceux qui, avec Mélenchon et certains de ses proches amis politiques, avec le Parti de Gauche, puis avec la France Insoumise, ont depuis des années accompli le travail pédagogique, ont fait l’essentiel. Là encore, il n’y a qu’à voir ce qu’exigent les Gilets Jaunes. Comme cela a été relevé à juste titre, c’est très largement le projet L’Avenir en Commun qui s’exhale de leurs revendications. « Les gens » comme Mélenchon aime à le dire, sont donc bien éveillés, conscients, et déterminés à défendre leurs intérêts en même temps que l’intérêt général. Il y aura largement contribué et nous l’en remercions très sincèrement.

Mais, ces gens ne semblent pas enclins à vouloir donner les clés du pays à Mélenchon et à ses Insoumis.

Injuste ?

Oui aurait-on pu dire si Mélenchon et la FI étaient aujourd’hui les mêmes que ceux qu’ils étaient au printemps dernier. Mais tout a changé depuis. Et « les gens » ont bien perçu cette évolution. « Les gens » ont bien compris que les exclus ou les démissionnaires de la liste de la FI ne sont pas QUE de gros « frustrés » « à l’ego boursouflé ». « Les gens » ont bien perçu qu’au-delà de ces qualificatifs grossiers, insultants et outrageants, il y a bien une dispute POLITIQUE et que les uns ont perdu face aux autres, mais pas du tout au terme d’un combat loyal !

Hier au PG, lors du congrès de 2015, la victoire de la plateforme officielle n’a été acquise que suite à de nombreuses fraudes suspectées le tout dernier jour de la séquence de votation qui s’étirait sur plusieurs semaines. Ainsi, alors même que jusqu’à ce dernier jour, c’était la plateforme alternative qui était en tête aux 2/3, majorité provisoire qu’elle avait conservé tout le temps de la séquence de vote au fur et à mesure que tombaient les résultats des comités et des départements, ce résultat provisoire s’est mystérieusement inversé le dernier jour, la plateforme officielle l’emportant, nous dit-on à 55% contre 45% à la plateforme alternative). N’étant pas Parisien, et donc n’étant pas présent au siège du PG, là où tout se jouait, je n’ai pas vu de mes propres yeux d’irrégularités mais certains de mes amis les plus proches, en qui j’avais toute confiance, m’ont certifié avoir vu eux-mêmes de quoi avoir honte d’être militant d’un parti dirigé par ces gens-là. Et ils m’ont dit avoir des preuves. Je regrette que jamais ces preuves n’aient été rendues publiques pour désavouer ceux qui, alors, avaient tout simplement truqué le suffrage, pratique systématique du PS. Nous nous disions et nous nous pensions alors « responsables » et nous avons donc tu ces irrégularités, et nous avons ravalé notre colère d’avoir ainsi été floués de ce qui était en réalité NOTRE victoire, celle de NOTRE plateforme, la plateforme alternative. Celle-là même qui, entre autres, refusait de la manière la plus claire qui soit toute alliance avec le PS et avec la gauche pour que l’on se tourne vers le peuple, et qui, déjà, poussait très fort pour que le PG et Mélenchon assument un discours plus clair et plus dur à propos de l’UE !

Cependant, Mélenchon a sans doute entendu alors les balles siffler au-dessus de sa tête car il a très vite fait évoluer son discours en reprenant à son compte une large partie de ce que nous avions défendu avec notre plateforme alternative. Nous pensions alors, naïvement, qu’il était convaincu lui-même et qu’il amorçait, en vue de l’élection présidentielle, le discours et la stratégie de nature à lui faire gagner cette élection.

Mais en fait, force est de constater aujourd’hui que nous avons bien été mystifiés. Il a joué un jeu sans aller au bout de la logique et aujourd’hui, il a décidé de changer le jeu et de revenir en arrière.

Et à la FI, les mêmes manipulations ont été commises maintes fois. Je ne parle plus de fraudes car je n’en ai pas d’indices mais il y a déjà assez de matière pour dénoncer les processus de la prise de décision. D’autres que moi, bien mieux informés que je ne le suis moi-même, l’ont fait…

Ce qui nous guide aujourd’hui, Nous les ex-membres de la France Insoumise – mais plus INSOUMIS que jamais – qui dénonçons Mélenchon et la FI, ce n’est pas la colère que nous ressentons d’avoir été trompés, cocufiés, mystifiés. Ce n’est pas la vengeance malsaine qui nous guide. C’est la certitude que les choix qui ont été faits depuis la seconde partie de l’année 2017 ne peuvent mener qu’au désastre électoral et donc politique.

Fort heureusement pour le peuple de France, si la France Insoumise est désormais un débris du vieux monde, nous avons néanmoins de bonnes raisons d’espérer nous relever. Et un outil pour cela : le Mouvement des Gilets Jaunes qui n’a pas fini de faire bouger les plaques tectoniques de la politique française et, qui sait, peut-être aussi du paysage institutionnel français et européen !

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

Une réflexion sur « La liste de la France Insoumise pour l’élection européenne 2019 : la menace d’un sabre de bois ! »

  1. Il est vrai que JLM est particulièrement devenu bien soumis. Le JLM de 2017 n’a rien à voir avec celui de 2012… pour lequel j’avais fait campagne comme « compagnon de route ». Je l’ai trouvé bien docile et domestiqué depuis 2015, depuis l’affaire du référendum grec, en fait. Mais bon, comme je n’étais pas à la FI alors (ni le suis maintenant), pas mon affaire. Mais quand même, l’on a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre !

    Et les GJ, eux, ont bien vu et entendu, comme nous autres ! Je suis très fière d’eux, par leur degré de prise de conscience. Tout n’est pas parfait encore mais peu importe. Nous n’avons pas crié dans le désert toutes ces années précédentes finalement. Toutes ces conférences, tous ces débats, toutes ces projections que nous avons pu faire à une époque antérieure, ne sont finalement pas tombées dans l’oreille de sourds.

    Les médias dominants n’ont pas été les plus puissants non plus.
    La porte de la prison s’ouvre et des gens sont sortis de leur cage. Ils sont enfilés un gilet jaune pour le faire et ont rejoint d’autres prisonniers libérés. Prisonniers d’un carcan médiatique, consumériste, entre autres. Le pouvoir a les boules de voir les gens dans la rue et non dans les magasins en cette période d’avant Noel. Il a peur que les gens passent plus de temps dans des réunions le soir à discuter de leur avenir politique, que devant leur télé à papoter sur les derniers potins de stars et de séries télé. Je n’ai rien contre les séries télé mais il y a des priorités dans la vie, à certains moments. Notre avenir politique en est une, et majeure.

    Sans offenser, mais j’ai très vite considéré la FI comme un avatar ripoliné du PS. Il semblerait que les événements m’ont donné raison. Là n’est pas le plus important (que j’ai raison). Mais bien le fait qu’une nouvelle formation, émergeant du processus de décomposition/recomposition des partis politiques en France, se comporte finalement comme les anciennes formations balayées dans ce processus.

    A cet égard, le parallèle est troublant avec LREM. FI et LREM ont émergé comme des forces nouvelles au détriment des anciennes comme LR et le PS. Normal et pas imprévisible : les vieux chevaux de retour sont toujours là ! Les vieilles politiques, les vieilles lunes aussi.
    Macron qui nous fait du Thatcher/Reagan +30 ans après. La FI qui recycle les mecs du PS alors même que celui-ci a été totalement discrédité. Le prochain balayage va se faire et pas dans 30 ans.

    Je suis 100% d’accord avec vous que la question est bien QUAND et non SI. Et que ce QUAND pourrait intervenir dans moins d’un an de temps, peut-être même avant les élections européennes – où ils vont TOUS prendre une tôle de l’autre monde !

    Il suffit de discuter avec les GJ ou simplement de les écouter, car ça discute et ferme. Tant mieux d’ailleurs, la parole se libère, parfois dans la pagaille (ce qui est très français !) mais si ça fait du bien et que ça libère, c’est le principal. L’ambiance est nettement anti-UE. Les pro-UE sont minoritaires.

    J’espère que les boycotteurs que nous sommes, quelles que soient nos formations politiques, pourront faire en sorte que l’abstention soit record… allez, 70% ? 80% ?

    Et j’espère aussi que le mouvement des GJ finira par aboutir. Pour 2 raisons :

    1- car c’est l’occasion ou jamais de renverser la table et de prendre le pouvoir pour faire avancer la cause du peuple, récupérer notre souveraineté, et faire redémarrer notre démocratie tout en préservant notre République une et indivisible, sociale et laïque.

    2- si jamais nous échouons, je gage que la répression sera sévère. Quoi ! Vous avez osé vous rebeller contre vos maîtres ! Punition ! Et ça ne sera pas le simple piquet. La répression sera à la mesure de la peur que les oligarques de notre pays éprouvent en ce moment quand même (la peur est en train de changer de camp). Elle sera sociale et économique, pour que nous n’ayons pas les moyens de nous révolter la fois d’après. Et surtout, politique car ils ont bien perçu que les gens ont compris leur sale petit jeu.

    Vous et moi, on se retrouvera peut-être dans la même taule !
    Toutes ces raisons sont bien pourquoi ce mouvement doit gagner !
    Entre temps, nous devrons tenir jusqu’à ce qu’on nous relève !
    Bon courage, cher Vincent-Christophe !

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