Le RIC : une menace contre la République qui ne dit pas son nom ou une arme de destruction massive du système oligarchique et capitaliste ?

RIC

Je réagis au regard de divers messages et prises de position que j’ai lues ces dernières heures et ces derniers jours à propos du RIC [le Référendum d’Initiative Citoyenne].

Parmi elles, beaucoup de communications inquiètes, sceptiques, voire hostiles. Avec pour principaux arguments avancés :

1/ Le RIC va servir à restaurer la peine de mort

2/ Le RIC va servir à renvoyer chez eux les immigrés

3/ Le RIC va servir à abolir ou à réduire fortement la fiscalité pour passer à un système encore plus conditionné par le libéralisme

4/ Le RIC va servir au pouvoir pour sortir de la crise sans satisfaire aux autres exigences sociales et démocratiques

5/ Le RIC va servir à des gens dangereux pouvant imposer par ce moyen les pires régressions démocratiques, sociales, économiques…

Je m’arrête là aux points qui me semblent les moins irrationnels. Je ne reprends pas tous les délires qu’on peut lire ici ou là à l’encontre du RIC…

Il y a aussi à l’inverse bien des contributions enthousiastes à l’égard du RIC et beaucoup viennent de militants de gauche, ou d’intellectuels ne pouvant pas être suspectés d’accointances néofascistes, ou de beaucoup de citoyens ordinaires qui, lorsqu’on les interroge sur leurs motivations, exposent des doléances, des exigences et des espérances tout à fait républicaines, démocratiques, raisonnables, humanistes.

Par exemple, je vous fais partager, à la suite de mon billet (voir ci-dessous) le texte publié ce jour par le Front Syndical de Classe qui n’est pas précisément un collectif que l’on puisse rattacher à la galaxie néofasciste ! Or il défend ardemment le RIC, comme d’autres d’ailleurs à gauche !

Or, je ne pense pas que le Front Syndical de Classe défende le RIC pour que soit rétablie la peine de mort, pour que soient renvoyés chez eux tous les immigrés, pour que soient abolis les impôts, pour que soient adoptées des mesures encore plus liberticides que celles que nous connaissons déjà, ou pour que le modèle social, républicain et démocratique soit davantage encore enfoncé.

Si le risque ne saurait être écarté par principe, il s’agit quand même de l’évaluer avec discernement. C’est bien davantage un spectre que certains agitent pour terroriser et empêcher de penser (et de vouloir reprendre un pouvoir souverain) qu’une menace réelle.

Il faudrait éviter, surtout dans le camp du peuple et dans celui de la gauche, de faire peur aux gens en disant que le RIC n’est là que pour permettre des « solutions » aussi dangereuses et tyranniques.

Si des crétins décérébrés, repus de haine et d’autoritarisme militaire ou fasciste, y pensent, ça ne signifie pas que le peuple tout entier y pense aussi et marchera avec eux. Le peuple n’est pas une populace de sauvages.

Présumer cela, et mettre en garde contre la possibilité que le peuple utilise le RIC pour rétablir la peine capitale, ou pour renvoyer chez eux tous les immigrés (mais c’est où chez eux ?), ou, plus largement, pour arracher des mesures attentatoires aux droits de l’homme et imposer des solutions contraires à notre modèle social et républicain, c’est encore lancer une insulte supplémentaire à la face du peuple, et c’est un jugement qui pue les éléments de langage issus des sphères dirigeantes…

D’autres commencent à dire qu’en fait Macron, ou un autre de son monde, pourrait se servir du RIC pour nous la mettre encore plus profond.

Et quoi ? Serait-il donc possible que ce RIC serve de « plébiscite » à des reculs encore plus gravissimes que ceux que l’on subit depuis des années ?

Le peuple français en 2018 serait-il le même que celui qui approuvait les plébiscites napoléoniens ?

Croire cela, et laisser entendre cela, c’est une fois de plus faire injure à ce peuple.

Alors, qu’il faille réfléchir, avec le plus grand sérieux, aux conditions et modalités du RIC, sans nul doute !

Qu’il faille débattre de ces conditions et modalités, comme, pourquoi pas, de son périmètre, là encore, évidemment !

Certains réclament le RIC « en toutes matières ». Cela me semble légitime en ce sens que de toute façon le peuple est seul souverain et que rien ne saurait échapper à sa décision ultime. Ce n’est pas parce que certains défendent le RIC « en toutes matières » que l’on doit percevoir là la preuve ou l’indice d’une volonté dissimulée d’user du RIC à des fins détestables.

La question des « garde-fous » est fondamentale mais qui définit ces garde-fous ? Doit-on considérer que c’est à un certain nombre de gens réputés « sachants », « responsables » et « modérés » ?

Mais alors c’est encore faire offense au peuple en qui on n’aurait pas confiance et dont on se méfierait, voire dont on se défierait, en le tenant en laisse.

Et c’est encore et toujours lui refuser sa pleine souveraineté ! Ce serait lâcher un peu de leste mais pas trop. Ce serait allonger la chaîne mais refuser de la couper…

Il revient au peuple seul de décider de cela. C’est mon opinion à ce stade de ma réflexion. On peut et on doit faire confiance à nos concitoyens pour savoir se gouverner eux-mêmes sans tomber dans le chaos et l’anomie.

À nous de convaincre par des argumentations solides, rationnelles, fondées, humanistes…

On vous terrorise pour que vous lâchiez prise sur le RIC et que vous restiez bien à votre place, cette place qui nous est attitrée de citoyens impuissants, ne pouvant que voter tous les cinq ans pour des marionnettes des capitalistes, et surtout rester sages et tranquilles, et ne jamais élever la voix. Et surtout pas de contestation. Si vous n’êtes pas content, attendez l’élection suivante car, c’est bien connu, la rue ne saurait gouverner et contester la « légitimité » du suffrage. Et puis, eux, en haut, ils savent, et eux, en haut, ils sont « modérés » et « responsables », tandis que nous, en bas, nous ne sommes que des sauvages, incultes, ignorants, irresponsables, vous savez ces « classes dangereuses »… Donc, si on laisse le peuple s’occuper de ses affaires, alors forcément, il devient une horde déchaînée et sanguinaire de bêtes fauves. C’est bien connu !

Le pire, ce n’est pas tant que certains – ceux d’en haut justement, et tous leurs griots – le disent, mais que certains d’entre nous soient à ce point sensibles à leurs messages…

Nom d’un Macron !

Que chacun garde son calme et conserve sa raison. Et que chacun se renseigne sur ce que c’est que le RIC, sur ce qu’il y a derrière, sur qui le défend, et fasse fonctionner son cerveau au lieu de donner le sentiment parfois d’être comme tétanisé et aveuglé par les phares d’un véhicule roulant à pleine vitesse vers vous. Ne tombez pas ainsi dans un piège aussi grossier !

Certes, obtenir ou arracher le RIC ne donnera pas, de manière immédiate et directe, plus d’argent aux gens, ni ne changera rien de ce qui existe et contre lequel nous combattons depuis des années, je devrais dire depuis des décennies.

Mais ce sera le moyen – certes un peu différé – de tout changer. Le pouvoir le sait. Et c’est pourquoi je n’imagine pas qu’il lâche sur ce point, sauf à encadrer le RIC dans un régime juridique le rendant – de fait – impossible à utiliser. Cela, oui, ils en sont capables. Ils l’ont déjà fait d’ailleurs.

Pour autant, il ne faut pas oublier non plus que le RIC ne se suffit pas à lui-même car nous savons bien que nos dirigeants ont pris l’habitude de s’asseoir de toute façon sur notre volonté même si celle-ci a été clairement exprimée lors d’un référendum.

Donc il ne nous faut pas seulement obtenir le RIC, il nous faut également faire chuter ce régime – cette 5e République – et remplacer tous ceux qui le font (sur)vivre.

Et, à ce stade, j’incline pour un gouvernement provisoire de type parlementaire, un gouvernement national reposant exclusivement sur les assemblées populaires locales à constituer et à coordonner. Ce gouvernement serait composé de représentants de ces assemblées locales, élus en leur sein, pour un mandat tout à fait clair et très provisoire.

Assemblées locales, gouvernement provisoire au niveau national, RIC, voici déjà un véritable bouleversement politique et institutionnel. Mais ce n’est pas tout. Il nous faut impérativement arracher un autre truc : la mise en place d’un processus constituant. Je ne dis pas seulement une Assemblée Constituante car pour moi on ne saurait accepter seulement que quelques dizaines ou centaines d’élus constituants fassent seuls le travail et décident seuls, fut-ce ensuite sous réserve d’un référendum approbatoire.

Ce que j’exige, en tant que citoyen ordinaire :

1/ c’est que des assemblées constituantes locales (élues au niveau des villes, ou de leurs quartiers pour les viles moyennes et grandes, ou des villages ou regroupements de villages pour les plus petites unités rurales, et travaillant à ces niveaux) soient désignées partout sur le territoire français (métropolitain et outre-mer, sans oublier nos compatriotes de l’étranger) pour faire le travail de fond qu’implique l’écriture d’une nouvelle constitution ;

2/ qu’ensuite – mais ensuite seulement – des assemblées constituantes d’échelon supérieur, au niveau départemental et régional, opèrent la synthèse du travail local, toujours dans le sens du bas vers le haut.

3/ qu’enfin, au terme du processus, une assemblée constituante nationale soit élue pour parachever le travail de synthèse et pour proposer un texte abouti qui serait soumis au référendum.

Il va sans dire que ce processus constituant aura besoin de temps pour être mené à son terme dans les meilleures conditions et pour que les citoyennes et citoyens de notre peuple puissent se saisir eux-mêmes des sujets en discussion et intervenir directement pour orienter ou réorienter les discussions dans le sens qui leur paraît opportun. Les décisions devront se prendre de la manière la plus démocratique qui soit, donc par un vote dont il faudra définir collectivement les modalités.

J‘estime que deux années de travail sont nécessaires. Il ne faudra pas non plus faire traîner les choses au-delà d’un temps raisonnable mais je pense que quelques mois ne suffisent pas. Je vois bien une période d’au moins un an pour mener le travail de fond, six mois pour mener celui de coordination et de synthèse au niveau départemental puis régional, et six mois de plus au niveau de l’assemblée constituante nationale.

Il est également indispensable, selon moi, que toutes ces assemblées, aussi bien celles au niveau local, que celles au niveau départemental, régional ou national, soient composées de gens n’ayant JAMAIS été élus dans quelque fonction que ce soit. Nous devons faire appel à des citoyens ordinaires, à des gens « neufs », et donc une incompatibilité absolue doit être définie à l’égard de toute personne ayant déjà occupé un mandat électif ou une fonction dirigeante au sein des pouvoirs publics ou des hautes strates des partis, syndicats et mouvements politiques de la 5e République.

Enfin, ces délégués constituants devront être dotés d’un statut protecteur qui les laisse libres et qui ne les exposent à aucune pression ou menace de quelque ordre que ce soit. Afin que les délégués constituants soient des Français ordinaires, et afin qu’ils s’engagent totalement dans leur mission – de première importance pour la nation – ils devront être rémunérés pour pouvoir se consacrer à leur mission et être dégagés de toute autre obligation professionnelle.

Cependant, si ces délégués devront être libres comme je viens de l’exposer, il ne peut être question de laisser en fonction des délégués qui n’agiraient pas dans le strict cadre de leur mandat et donc ils devront pouvoir être révoqués avant le terme de leur mandat, dans des conditions et selon des modalités à définir ensemble, par celles et ceux qui les auront élus ou qui seraient le résultat du tirage au sort lorsque ces délégués ne donneraient plus satisfaction.

On devra mixer élection (avec la limite à l’éligibilité que j’ai précisée) et tirage au sort, tout cela étant vérifié par huissier pour que jamais l’authenticité et l’honnêteté des résultats ne puissent être contestées. Un grand nombre d’entre nous avons des expériences plus que malheureuses sur ce point précis. Et pour que le peuple reconnaisse la validité des travaux constituants, il faudra d’une part que chaque citoyen puisse vraiment prendre sa part dans l’élaboration collective de la nouvelle constitution, mais qu’il n’ait aucun doute sur l’honnêteté de la prise de décision. Parce que bien évidemment, les décisions qui seront prises, les unes après les autres, ne satisferont pas tout le monde et pour que la règle de la majorité soit respectée, il est indispensable que le processus décisionnel ait été organisé dans la plus grande transparence. Et que chaque délégué constituant rende des comptes, par écrit. On pourrait imaginer une trame de compte-rendu unique pour que tous les citoyens français aient accès aux mêmes éléments d’information et que ces compte-rendus soient publiés sans délai sur une plateforme. Je pense aussi que les débats devront être enregistrés sur vidéo et diffusés en direct comme avec LCP et Public Sénat. Et tout devra être conservé au titre d’archives nationales.

J’en reste là pour le moment mais le débat ne fait que commencer…

Vincent Christophe Le Roux

Ci-dessous, je reproduis le texte d’un article à propos du RIC publié ce 16 décembre 2018 par le Front Syndical de Classe.On peut retrouver ce texte en cliquant ici.

Le RIC ? CHICHE : une exigence qui heurte de plein fouet la monarchie présidentielle !

Hier le mouvement populaire a exprimé fortement une exigence politique plus globale.

Une exigence qui vient directement percuter de plein fouet la logique d’une constitution qui protège le pouvoir central contre toute intervention et tout contrôle du peuple.

Au profit des intérêts de classe de l’oligarchie en France et dans l’Union européenne.

À l’inverse de la soit-disant concertation initiée par le pouvoir pour noyer le poisson, précisément parce que dans ce processus le peuple n’a aucun pouvoir sinon celui d’intervenir par la lutte, par la rue, par les manifestations …

Et qu’il s’agit pour lui de reprendre la main pour maintenir le cap comme il s’y est engagé vis-à-vis de ses complices européens et des marchés financiers.

De nouveaux outils pour le peuple à la fois pour proposer des lois ou empêcher les mauvais coups ?

Imaginons en effet qu’au niveau local la population consultée puisse s’opposer aux fermetures de bureau de postes, de maternité comme au Blanc, à Clermont de l’Oise, à Creil … où elle a massivement manifestée depuis des mois contre ces décisions… en se heurtant au mépris du pouvoir !

On peut effectivement rêver OU se donner pour objectif que le peuple se dote de nouveaux pouvoirs pour limiter ceux de l’oligarchie … ET au-delà en finir en définitive avec sa domination jusqu’ici sans partage.

En toute lucidité sur l’enjeu et les obstacles pour y parvenir.

C’est par exemple ce dimanche matin sur France la distinguée 

Amélie de Monchalin ex UMP, actuelle députée macronienne de l’Essone, qui veut bien admettre en parole la soif de participation  ainsi  exprimée.

Pour la satisfaire ?

Allons donc !

Car c’est pour aussitôt ajouter qu’il s’agit de faire entrer cette aspiration dans les institutions de la 5e République.

Autrement dit en neutralisant cette aspiration par différents artifices afin de continuer à préserver et à faire prédominer le pouvoir d’une caste sur les possibilité d’intervention populaire.

À l’inverse il s’agit pour le mouvement syndical de s’appuyer sur ces aspirations pour avancer vers nos objectifs de toujours au service du monde du travail (salaires, emploi, SMIC, pensions, fiscalité, dignité …).

Et de vraiment conjuguer  dans le concret des luttes, sur le terrain les principes de la double besogne syndicale : le pain quotidien des revendications ET la lutte pou un changement radical de société préparant « l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste » comme le stipule la Charte d’Amiens de 1906 !

En fuyant comme la peste les pièges du pouvoir et d’une CFDT en service commandé pour le compte du patronat et de l’oligarchie visant à nous enfumer dans des « négociations » ayant pour but de donner un répit à Macron afin de tenter de poursuivre ses contre-réformes scélérates : retraites, indemnisation du chômage, privatisations, statut de la fonction publique, contre-réforme de l’état , privatisations …

L’heure est effectivement au ferme déploiement de la lutte des classes et à la convergence des luttes !

*

Mise à jour du 19/12/2018 : J’ai écrit et publié un nouveau billet sur le sujet du RIC. Intitulé : « Tous ensemble pour le RIC, mais pas n’importe comment ! ». On peut le découvrir sur ce blog en cliquant ici.

*

3 réflexions sur « Le RIC : une menace contre la République qui ne dit pas son nom ou une arme de destruction massive du système oligarchique et capitaliste ? »

  1. Mon très cher ami
    Merci pour ce billet qui résume bien le point de situation où nous en sommes.

    Pour le tirage au sort, comme nous en avons longuement discuté, tu sais à quel point j’ai des propositions très précises pour en faire de véritables assemblées de contre-pouvoirs possibles, car nous devrons avoir des sortes de « vigies démocratiques », collectives, et lanceuses d’alertes potentielles, partou, en matiêre de contre-pouvoirs locaux comme départementaux et nationaux.

    Ce qui m’avait plu dans le programme l' »Avenir en Commun », c’est qu’il définissait (avec raison !), trois urgences absolues en les posant sur un plan d’égalité (en matière d’urgences !) : la triple ugence démocratique/sociale et écologique(j’en vois une quatrième : l’urgence laïque qui est indissociable des trois autres).

    Je pense que tout programme et toute Constitution élaborés par et pour le peuple ne pourront (devront) que reprendre ces quatre urgences et les y inscrire (à mon avis sur la durée car, malheureusement, la France n’est pas isolée et l’urgence est réelle partout, le capitalisme mondialisé faisant ses ravages planétaires depuis bien longtemps !).

    Mais nous voyons bien à quel point le monde entier a les yeux fixés sur le peuple français dès qu’il remue ses poings : ainsi je rencontre beaucoup de touristes lors de nos manifs quasi improvisées dans les quartiers les plus riches et touristiques de Paris.
    Hier encore, Portugais, Nord-Américains..

    Native de Paris, j’ai passé toute mon enfance, ma jeunesse lycéenne, puis jusqu’à l’âge de 31 ans, dans ces quartiers.

    J’éprouve un amour quasi viscéral pour ces merveilles qui vont de Porte de la Villette aux Buttes-Chaumont, de Ménilmontant et Belleville (quartiers de mon enfance), au Père-Lachaise, de La République à l’Étoile, en passant par le Marais, les deux Îles, la Rive gauche, le Quartier latin, Orsay, l’Assemblée nationale, jusqu’à la Tour Eiffel et son Champ-de-Mars, tous lieux que la grande randonneuse a tellement arpentés !
    Car j’y reviens toujours, comme on dit des grands amoureux qui ne peuvent s’empêcher de revenir obsessionnellement sur les lieux de leurs premières et définitives amours.
    Aussi, en ces samedi de plus en plus mouvementés, je suis à même d’indiquer aux touristes égarés (aux « compagnons gilets jaunes » venus de loin ou même à certains qui n’étaient jamais sortis de leur banlieue !), des façons de contourner les barrages.
    Ce faisant, j’en profite pour discuter avec eux, leur demandant par exemple si ce mouvement de chaque samedi à Paris ne leur gâche pas trop leur séjour.

    Jusqu’à présent TOUS je dis bien TOUS les touristes rencontrés m’ont dit que, passés les désagréments des transports fermés « sans sommation », et l’éventuelle déception de louper certaines visites de monuments, au final, ils se sentent très solidaires de ce peuple français qui s’s’habille d’un petit gilet modeste et bon marché (et que Sarko avait rendu obligatoire dans chaque voiture !!!), et qu’ils « s’adaptent » (par exemple en visitant les musées la veille).
    Je leur demande pourquoi ils n’ont pas reporté leur séjour.
    Ils me répondent que, justement, dans leurs pays respectifs, nous faisons les gros titres des journaux, des médias ET des observateurs politiques.
    C’est pourquoi eux ne viennent AUSSI voir de près ce mouvement car ils sentent que c »est un moment de l’Histoire de France qu »ils pourront raconter plus tard à leurs proches : une sorte de « Musée de la Résistance et de l’Histoire vivante » qui continue de se bâtir en direct.
    Confusément encore, pour beaucoup d’entre nous, nos compatriotes aussi sentent qu’ils sont dans une action qui est inéluctable, qui va changer le cours de l’Histoire, quelle qu’en soit l’issue.
    Et pour une fois, peut-être que l’issue pourrait être heureuse…(?)
    Pourquoi nos compagnons hautement politisés n’ont-ils que le goût du drame et de l’échec ?
    Pourquoi se sont-ils, à leur insu, laissés engluer dans cette vision élitiste et médiatique qui rend les « invisibles » si antipathique (les « sans-dents », les « ceusses qui ne sont rien », les « illétrées », les « alcooliques » – et Junker, au fait, il a le droit d’être alcoolique sans que ça pose problème ?! -)…

    Le jeune Guy Mocquet, les jeunes résistants du groupe Manouchian, toutes ces personnes qui ont pris le Maquis, de quelque bord qu’ils soient, ou sans bord du tout, ne se sont pas posé de question : ils étaient dans une urgence absolue et mortelle.
    Leur conclusion fut rapide et quasi innée: à mourir pour mourir, ils ont pris le maquis !

    Le peuple français est aujoyrd’hui dans une triple urgence absolue et mortelle : à mourir pour mourir, on prend le maquis, nous aussi.
    À chaque époque, son maquis et ses armes.

    Celui d’aujourd’hui c’est ronds-points, péages et grand-places commerciales d’opulentes et insolentes richesses des Centres-Villes.
    Hier, toute proche de l’Opéra, la Place Vendôme (lieu des plus hautes joailleries parisiennes !) était sous étroite surveilkancce policière et là, pas de « souricières » : nul n’avait le droit d’y stationner ! (Je le sais puisque je suis restée longtemps alentours pour observer l’horreur totalitaire en train de se produire place de l’Opéra !).
    Ce maquis-là, dans toute la France, qui réunit les « riens », enfin, c’est quand même autre chose que ce peuple divisé des quartiers, enfants d’ouvriers et chômeurs qui mettaient le feu aux voiturees, bus, des voisins ouvriers et chômeurs aussi pauvres qu’eux, ou quasiment ! Et aux bàtiments publics que nous tous payons avec nos impôts et dont le remplacement, pour beaucoup, ne fut jamais opéré (multiple peine : plus de voiture ; plus de transports ; plus de crèche ni de halte-garderie ; plus d’école dans le quartier ; finis, la petite bibliothèque, le gymnase, le stade publics de proximité, mort, le petit commerce…).

    Du pognon, il y en a :
    « Venez le chercher ! », a dit, en substance, le Macron-Badinguet

    Ils y vont : ils prennent le Maquis et vont chercher le pognon, reprendre ce qui leur est dû et, ce faisant, leur souveraineté et leur dignité de Citoyens et Contribuables français ET de Citoyens du Monde !

    Encore merci à toi de nous comprendre et défendre si bien cher Vincent.
    C’est parce que tu es des nôtres ☺
    Bises.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour le témoignage sur les touristes, c’est très intéressant.
      Le monde a les yeux rivés sur nous !
      La France et son peuple, ont encore plein de choses à dire au monde.

      « À chaque époque, son maquis et ses armes. » Comme c’est vrai et très bien dit !

      J'aime

  2. Je participe, en tant que Gilet Jaune, à l’élaboration des cahiers de doléances. Je discute beaucoup avec nos concitoyens. Certains ont tellement intériorisé qu’ils ne sont « rien », que leur avis ne compte pas, qu’il faut leur tirer les vers du nez pour savoir ce qu’ils ont dans le coeur et ce qu’ils aimerait voir pour que leur quotidien s’améliore.

    Franchement, la peine de mort, c’est pas la priorité !!! C’est le moins qu’on puisse dire. C’est un bon exemple pour montrer une fois de plus le mépris de classe d’une certaine « élite », bobo le plus souvent. Laquelle est stupéfaite et désagréablement surprise de voir que les Français dans leur grand ensemble sont capables de réflexion et de faire de la vraie politique (pas des magouilles d’appareils).

    Non, les Français veulent du pouvoir pour améliorer leur quotidien, celui de leurs enfants et de leurs vieux parents, de leur village ou de leur quartier, etc. Ils veulent le pouvoir pour reprendre en main leur vie et leur avenir.

    Les rassemblements sont composés de beaucoup de femmes (car nous avons encore plus à perdre que les hommes !) et tous les âges sont là. Comme je demande toujours aux gens quel métier ils font ou faisaient (selon leur âge), je m’aperçois qu’il y a de tout.

    Le dénominateur commun, c’est que nous sommes tous des classes dominées.

    Les doléances (ou revendications) concernent toutes la vie économique et sociale, avec des exigences démocratiques et écologiques. Le sociétal a pratiquement disparu, ce qui me confirme que le sociétal a remplacé le social alors que ce n’est pas la préoccupation première des gens. La GPA ne pèse pas lourd face aux fins de mois et au chomage de masse, par exemple.

    Le sociétal a été finalement mis en avant pour remplacer le social, ce qui était pratique pour les « élites » bobo qui méprisent le peuple – et qui nous ressort la question de la peine de mort alors que ce n’est même pas dans le radar des gens !

    Je suis très intéressée par le RiC – à mon humble avis, tout est bon à prendre à partir du moment que ça permet de déverrouiller un System qui est tellement verrouillé qu’il est impossible de faire passer ses idées par les canaux médiatiques habituels. Heureusement que l’internet est là ! Et que l’on peut encore se réunir avec nos concitoyens ! Au PARDEM, on en sait quelque chose : nos idées anticapitalistes et de démondialisation, c’est pas exactement ce qui convient aux 9 milliardaires propriétaires de +90% des médias en France !

    Donc si le RIC permet de donner de l’air et de nettoyer les écuries d’Augias dans notre pays, notre République, alors je prends !

    Attention à un petit détail cependant, qu’il convient de ne pas perdre de vue : l’on pourra faire la plus belle Constitution du monde, si nous ne sortons pas de l’UE et n’abandonnons pas l’euro, c’est mort.

    Mais à discuter avec nos concitoyens, il semblerait que c’est là une évidence. Bien sûr qu’on quitte l’euro et l’UE ! (sentiment plus que majoritaire chez les GJ). Comme quoi, les Français ont non seulement de la suite dans les idées mais ils peuvent aussi faire preuve de cohérence politique !

    Partant de là, tout est possible. Alors, on avance et on voit !!!

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.