Quand il est « minuit moins une », jouer au petit chimiste et chercher sans cesse à créer de nouvelles molécules est-il un acte responsable ?

J’ai envie de sous-titrer ce billet : « De l’atomisation en cours du paysage politique français… »

Presque chaque jour, naît en France un nouveau parti ou plutôt, un nouveau « mouvement ». Avec souvent de bien bonnes idées (du moins de mon point de vue) et plein d’apparente bonhomie, mêlée de bonne volonté de les défendre jusqu’au bout. Avec aussi, semble-t-il, une bonne dose de sincérité (pour autant que l’on puisse en juger mais hélas nous n’avons jamais, nous-mêmes, toutes les cartes en mains pour dresser un diagnostic qui soit fiable de manière absolue…). Et plus ou moins de talent pour témoigner de l’une et convaincre de l’autre.

Mais en politique (au sens noble de gestion des affaires de la « cité »), si la pensée unique ou le parti unique est un des fléaux les plus toxiques, et si la forme moderne de cette pensée unique et de ce parti unique qu’est l’hégémonie (de plus en plus contestée et brinquebalante) du néolibéralisme qui en tient lieu l’est tout autant, je ne vois pas, dans l’atomisation politique qui prend corps sous nos yeux ébahis, de source d’espoir pour demain.

Certes, cette atomisation dit que bien des volontés apparentes et déterminées existent dans la « société », dans le « corps social » ou dans le « peuple » (quel que soit le terme que l’on préfère). Mais cela nous le savions déjà, en dépit de l’esprit d’abandon et de résignation que l’on ne manque pas non plus, et à l’inverse du constat précédent, de percevoir chaque jour, abandon et résignation dans lesquels nous plonge la tyrannie néocapitaliste de notre temps.

Mais hélas, si la bonne volonté, les bonnes idées, et la sincérité sont des ferments indispensables pour (re)construire un futur enviable, elles sont hélas très insuffisantes.

Ce qui ne manque pas de m’étonner, depuis quelques mois où j’ai décroché de l’addiction à l’actu et à la politique, mais en gardant quand même un oeil, fut-il éloigné – et il l’est de plus en plus – sur ce sujet d’étude, c’est que des « militants » ou plutôt des citoyens finalement assez proches les uns des autres sur un plan idéologique soient incapables de se rassembler sur l’essentiel.

Or, parmi ces « acteurs » de ce qui sera peut-être la scène politique de demain (et ce « demain » peut arriver très vite…) tous disent peu ou prou la même chose ; et tous, peu ou prou, prétendent vouloir précisément « rassembler sur l’essentiel » mais commencent, au lieu de se rassembler, par diviser ce peuple en lui proposant une énième structure, un énième mouvement. Alors même que tous ces gens, sans doute bien inspirés, et sans doute mus par une volonté sincère de bien faire – je veux dire de faire oeuvre utile pour la collectivité, pour l’intérêt général – tous ces gens donc qui affirment vouloir reconstruire en luttant contre le communautarisme sous toutes ses formes, commencent paradoxalement par se communautariser tout en prétendant le contraire. Parce que créer, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, un nouvel objet politique avec ses éléments enthousiasmants et ses insuffisances plus ou moins criantes, ce n’est pas autre chose que considérer que toutes les tentatives déjà en cours sont méprisables, négligeables, détestables, sans intérêt et que, c’est certain, « nous », eh bien nous ferons mieux que tous les autres et que « nous », nous ferons ce que tous les autres n’ont pas fait, n’ont pas pu ou voulu faire. Et que ces autres n’attendent finalement que « nous » pour se mettre eux-mêmes et pour de bon (ou pour de vrai) au turbin.

Loin de moi l’idée de prétendre qu’il ne faut pas créer du neuf, innover, réinventer, changer (utilisez le terme que vous jugez le plus opportun…). Parfois (souvent même) il est indispensable de fuir le présent et de créer les bases d’un nouvel avenir. Pour autant, ne jamais rien trouver de bon dans ce qui vous pré-existe ou dans ce foisonnement qui se dégage ces temps-ci (et dans « ces temps-ci », je pense en gros à ces derniers « mois » mais on peut élargir le propos à ces dernières « années »), cela témoigne aussi d’une incapacité justement à faire oeuvre collective, cela signifie que l’on refuse d’agir avec d’autres qui vous ont précédé dans l’innovation, et cela aboutit à ce que l’on juge inéluctable et indispensable que l’on créée soi-même sa propre structure, que l’on fonde soi-même sa propre « famille » qu’on croira ou voudra mieux inspirée ou que l’on pensera maîtriser davantage parce qu’on est à la base même de sa fondation, quand on ne serait qu’un acteur parmi d’autres d’une structure ou d’une famille dont on ne serait pas directement « membre fondateur ».

Bien évidemment, « chat échaudé craint l’eau froide » comme le dit le vieux dicton ; et avoir été mystifié, trompé, abusé, désillusionné, éventuellement (comme c’est le cas pour beaucoup d’entre nous) plusieurs fois de suite, et souvent des années durant, par des gens que l’on croyait pourtant être de vrais amis politiques, voire des amis tout court, pour ne pas dire des « frères d’armes », ça laisse des traces, et celles-ci sont sans doute in-dé-lé-bi-les ! Et la méfiance que l’on ressent pour les structures ou pour les mouvements plus ou moins institutionnalisés constitués par d’autres que vous peut être telle qu’elle vous empêche irrémédiablement de faire confiance de nouveau à qui que ce soit, même si les personnes qui ont constitué ces nouvelles structures ou ces nouveaux mouvements sont a priori très proches de vous à tous égards.

Je comprends bien aisément qu’une telle méfiance vous empêche d’accepter de nouveau de vous trouver embrigadé, si peu que ce soit, dans une oeuvre collective dont vous-même ne maîtriseriez pas un minimum les décisions aboutissant à la marche collective.

Mais sur ce sujet, je considère que l’on doit faire son deuil pour renaître et marcher de l’avant. Or, j’ai le sentiment qu’à vouloir toujours être soi-même directement à la base des choses pour ne plus risquer de se trouver contraint par d’autres, et parce que, ainsi que le dit cet autre proverbe, « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », on participe alors, soi-même justement, de cette atomisation et de cette « communautarisation de fait » qui ne saurait déboucher sur des bienfaits collectifs.

Car pour reconstruire une commune, un département, une région, un pays, une communauté nationale ou continentale, voire une « humanité » (quel que soit le périmètre de la « communauté » prise en compte), il faut s’y mettre tous et « intégrer plutôt que séparer » comme le veut un des principes de la permaculture. Ou comme le veut un autre principe permaculturel, il est aussi indispensable de connaître le potentiel d’enrichissement de tous par la biodiversité qui existe aux marges et aux bordures de deux milieux lorsque des échanges existent entre eux. Et cela ne vaut pas que pour les questions de jardinage ou de biodiversité de la faune et de la flore. Cela vaut aussi bien sûr pour l’être humain et pour l’être social. Or, pour mener à bien une telle entreprise d’enrichissement collectif et de création d’un nouveau monde où il fasse bon vivre, il ne me semble pas judicieux de commencer à ajouter de la division supplémentaire à une atomisation déjà évidente.

Certes, aucun de nous ne saurait se satisfaire totalement et durablement de ce qui existe déjà. Et donc chacun de nous peut, à un moment ou à un autre, avoir envie de faire soi-même ; ou de se lier à des gens dont on est – ou dont on se croit – extrêmement proche, considérant que l’on réduit alors drastiquement le risque de se faire « avoir » une nouvelle fois !

Mais ce faisant, on accentue alors l’atomisation déjà là !

Est-ce une preuve de raison, est-ce une preuve de sagesse, est-ce donner à penser que l’on est adulte dans sa tête et responsable dans sa vie de citoyen que de considérer qu’il n’y a personne d’autre que vous-même ou vos plus proches pour faire ce qu’il faut faire ?

Voir les choses à cette aune, n’est-ce pas témoigner sinon d’un ego surdimensionné, à tout le moins d’une confiance en soi excessive et d’une auto-satisfaction pour le moins problématique quand on prétend vouloir faire œuvre utile pour tous ?

Agir ainsi, n’est-ce pas finalement refaire ce que l’on dénonce tant chez les autres ? N’est-ce pas comparable au caprice d’un enfant qui casse ses jouets et exige d’en avoir d’autres ? N’est-ce pas assimilable à ces ambitions démesurées de refaire le monde autrement qu’il est que peuvent avoir les adolescents finissants et les adultes en devenir ?

Avoir envie de faire du neuf, et mettre soi-même les mains dans le cambouis, ne plus s’en remettre à quiconque, ne plus déléguer quoi que ce soit de notre destin collectif et individuel, voilà qui est une excellente disposition d’esprit. C’est la preuve que l’on est devenu adulte pour de bon et que l’on s’estime en droit de faire soi-même. C’est le signe indubitable qu’une révolution émancipatrice a pris place dans notre esprit, que l’on s’est affranchi ou libéré de toutes les contraintes « sociétales » qui vous enfermaient dans une prison psychologique et vous maintenaient dans un comportement passif où vous subissiez, où vous râliez une fois de temps en temps, et de plus en plus souvent, où, le cas échéant, vous tentiez, parfois bien maladroitement, de vous défendre individuellement ou collectivement, mais où jamais vous n’estimiez vraiment possible, envisageable ou même souhaitable, de faire vous-même, de faire par vous-même…

Se penser capable de faire soi-même, aussi immenses que puissent être les difficultés, et aussi insurmontables que puissent apparaître les défis à relever, voilà déjà une bien belle libération, une bien belle émancipation. C’est déjà avoir mis le pied dans la porte. C’est même déjà avoir presque enfoncé la porte. C’est déjà avoir voulu sortir du cadre et c’est déjà avoir accepté le risque de sortir de sa « zone de confort » pour aller humer l’air extérieur. C’est déjà beaucoup !

Mais une fois parvenu à ce stade, considérer que tout ce qui vit, grouille, foisonne dans cet extérieur d’apparente liberté retrouvée ne vaut rien, est suspect, est insatisfaisant parce que ce qui a commencé à être entrepris, sans vous, par d’autres que vous ou que votre cercle le plus étroit, est imparfait ou parce que ça ne colle pas en tous points avec votre propre perception du monde ou vos attentes du moment, et préférer ajouter sa propre maison au village en train de se construire de manière on ne peut plus désordonnée pour ne pas dire anarchique (que les « anars » m’excusent car j’emploie ici ce terme dans son acception négative en ayant conscience qu’il peut aussi véhiculer de belles idées et en tout cas tout autre chose que le chaos généralisé que l’on prête trop souvent comme intention malsaine aux anarchistes), n’est-ce pas finalement ajouter soi-même des obstacles sur la route que l’on prétend vouloir défricher et ensuite transformer en autoroute menant à une destination enthousiasmante ?

Ces quelques lignes, largement faites d’interrogations, témoignent de mon embarras du moment. Chaque jour ou presque, je lis des textes, des « professions de foi », des déclarations d’intention, ou bien je constate que sont entreprises des actions plutôt intéressantes. Mais je ne vois pas vraiment le « liant » à tout ce foisonnement « citoyen ». Cela vaut aussi bien pour le mouvement des Gilets Jaunes que pour ceux qui se disent les vrais « alternatifs » du jeu politique. Il y manque, de manière saisissante, l’outil de nature à agglomérer ces mouvements contestataires et programmatiques plus ou moins disparates, plus ou moins convergents. Il y manque encore aujourd’hui, cruellement, le ou les ingrédients ou matériaux qui permettraient la réaction chimique de nature à faire en sorte que ces actions atomisées cristallisent en un ensemble nouveau, homogène, globalement cohérent, solide, et stable, du moins pour un certain temps, le temps de balayer le système global qui nous enserre, que ce système soit celui de la 5e République, de l’Union Européenne, du néocapitalisme économique ou celui de la « société de marché ».

Et que les partisans du balayage ou de la déconstruction de l’un ou de l’autre de ces quatre fléaux ne viennent pas me dire qu’agir sur l’un d’eux est inutile tant que l’on n’a pas agi simultanément sur les autres puisque, selon moi, et depuis très longtemps maintenant, je suis convaincu que l’on ne fera pas l’économie du balayage ou de la déconstruction générale du mécano « économico-sociéto-politico-institutionnel » dans lequel nous sommes solidement verrouillés, peut-être seulement par illusion (cf l’idée exprimée par le film « Merci Patron »).

La question, selon moi, n’est pas tant de trouver « les bonnes idées programmatiques » car tout le monde a déjà réfléchi à cela depuis des années, sinon des décennies. Bien évidemment, sur ce terrain aussi, rien n’est jamais – ou rien ne doit jamais être – figé. Mais l’essentiel n’est pas là selon moi. L’essentiel est dans la stratégie et dans les tactiques conçues, puis mises en œuvre, pour parvenir à nos fins.

Et je boucle ainsi la boucle de ces réflexions en relevant qu’il faudrait peut-être, plutôt que d’ajouter sans cesse une nouvelle « chapelle » – aussi laïque, ouverte et tolérante soit-elle – à la « zone à défendre », décider de contribuer ensemble à une œuvre vraiment commune qui nous rassemble tous par delà nos différences et divergences.

Peut-être faudrait-il que chacun de nous accepte d’en rabattre un peu sur la liste – longue comme un jour sans pain – de nos exigences, pour commencer à rendre efficace le combat titanesque qui devra être mené en vue de l’avènement des plus fondamentales d’entre elles.

Et pour moi, la plus fondamentale, celle qui rendra possibles toutes les autres, c’est la question de la démocratie, de la souveraineté du peuple, celle de la reprise du pouvoir que l’on va devoir arracher à ceux qui le détiennent et le détournent à leur seul profit.

Inutile selon moi, dans le système actuel, de composer avec lui et de chercher à gagner une élection pour changer un peu la vie des gens dans le bon sens. Tout est verrouillé. Tout est truqué. Tout est manipulé.

Inutile selon moi, dans le système actuel, de réclamer un « Référendum d’initiative populaire ou citoyenne », de réclamer une « Constituante », de réclamer une « sortie de la 5e République » ou un « Frexit » fut-il progressiste car rien de cela ne sera jamais consenti par les pouvoirs institués qui ne sont en fait que les marionnettes de pouvoirs cachés.

Nous le savons et manifestement nous sommes chaque jour plus nombreux à le percevoir et à prendre conscience de ce qui se joue et de ce que nous allons devoir accomplir pour changer la donne car en face ils ne se laisseront pas déposséder. Il y aura des larmes et du sang, bien plus que ce que nous avons déjà connu. Ils sont capables de tout. Ils l’ont amplement montré au cours de l’histoire humaine, en France ou ailleurs dans le monde. Nous devons donc nous préparer au pire.

Nous devons fuir les réseaux sociaux, si contrôlés, ou ne plus les utiliser que pour distiller notre propre « propagande » et surtout pas pour y parler, par anticipation, de nos actions à venir. Nous ne devons pas plus utiliser les moyens technologiques actuels (courriels, téléphones) pour organiser les actions car ces moyens sont largement sous contrôle. Nous allons devoir revenir au « pigeon-voyageur » pour reprendre une métaphore…

Et, j’y reviens, nous allons devoir peut-être commencer par recréer du « liant » entre nous. Cela a commencé depuis longtemps en fait. Les acteurs de la « révolution citoyenne » en cours n’ont pas attendu qu’un citoyen lambda (celui qui écrit ces lignes en l’occurrence) vienne dire la nécessité de faire cela pour que ça se fasse. Les choses se font déjà, à bas bruit, sous les écrans radar, ou du moins au-dessous de la zone de contrôle de certains écrans radar…

Mais en disant cela aujourd’hui, je témoigne, en quelque sorte, du fait que la vie de mon profil Facebook a désormais un terme prévu. Je conserve pour moi la date à laquelle « j’éteindrai la lumière » (comme le disait quelqu’un évoquant un autre registre bien plus triste) mais il est plus que probable que ces lignes seront les dernières que je publierai en tant que réflexions sur ce profil.

Je conserve ce blog et c’est lui que vous devrez désormais consulter pour avoir de mes nouvelles ou pour connaître ce que j’ai à dire, pour celles et ceux qui ne disposent pas dans leur calepin de mes coordonnées plus précises.

L’Histoire n’est pas finie. C’est à nous de l’écrire. Nous avons commencé mais qu’elle est longue à s’écrire ! Que de patience, il nous faut ! Que d’endurance et de résistance nous avons besoin, avec les coups que nous prenons. Et justement, que de chaleur humaine, de « liant » nous avons besoin pour affronter ce qui s’annonce.

Louise MICHEL disait, et j’en ai fait le titre de mon nouveau blog ouvert le 30 septembre 2018 : « Le peuple n’obtient que ce qu’il prend ».

Il se trouve que j’ai entendu, ces dernières heures, comme un écho de cette puissante saillie : une citation du même ordre qui me plaît beaucoup, dans la bouche d’une citoyenne militante qui ne cesse d’agir depuis des années, qui le fait à sa façon, parfois étonnante, voire déconcertante, pour ne pas dire exaspérante, mais souvent aussi intelligente et qui fait honneur à l’esprit de citoyenneté. Cette phrase de combat est la suivante : « Nous n’obtiendrons que ce que nous serons prêts à nous donner les moyens d’aller chercher. Ce pays, nous allons devoir le leur reprendre. »

Vaste programme !

Mais nous n’avons plus le choix désormais. Car il n’en va plus seulement du confort ou du bien-être de nos petites vies à nous, microscopiques fourmis que nous sommes sur cette planète. Il en va tout simplement de la survie de l’humanité tout entière. Car je suis de ceux qui pensent en effet, dans la logique de ce qu’on dénomme par le concept de « collapsologie » ou de « théorie de l’effondrement », que si nous n’interrompons pas au plus vite la course à l’abîme, et si nous n’inversons pas radicalement les logiques qui conduisent aussi bien nos vies individuelles que la vie collective, alors il n’y aura peut-être plus d’humanité sur Terre d’ici un siècle ! À moins que l’on ait trouvé le moyen, évoqué par certaines histoires de science-fiction, d’aller « terraformer » Mars ou je ne sais quelle autre exoplanète ! Scénario pour le moins improbable  si tant est qu’il soit souhaitable !

Il est vraiment minuit moins une !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.