Bloc contre bloc – La dynamique du macronisme par Jérôme Sainte-Marie – Éditions du Cerf, octobre 2019

Je reproduis ci-dessous in extenso la 4ème de couverture et l’introduction puis je vous proposerai prochainement, par une mise à jour ultérieure de ce billet, les meilleurs passages (selon moi) de ce livre d’analyse et de perspective politique.

Jérôme Sainte-Marie - Bloc contre bloc - Editions du Cerf, octobre 2019

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La 4ème de couverture

Quel « Nouveau Monde » a véritablement instauré l’élection d’Emmanuel Macron ? Pourquoi, en emportant le traditionnel clivage droite-gauche, a-t-elle ravivé des oppositions disparues ? Comment la rupture des équilibres politiques anciens telle entraîné de nouvelles fractures sociales ?En quoi le triomphe du bloc élitaire, étendant son pouvoir sur l’entière société, a-t-il rouvert une grave période de tension et de violence ? Et le rejet de ce libéralisme autoritaire désormais dominant peut-il provoquer en 2022 la victoire d’un bloc populiste unifié ?

C’est à toutes ces questions cruciales que répond ici Jérôme Sainte-Marie. En expert reconnu des études d’opinion et du conseil politique, convoquant l’histoire et l’actualité, le décodage des idéologies et le décryptage des sondages, l’examen critique des appareils administratifs, financiers, médiatiques et des mouvements militants ou contestataires, il montre, recourant à Marx comme à Tocqueville, que loin de s’atomiser, la société française se polarise.

Jamais la montée aux extrêmes entre les élites et le peuple n’avait été explorée comme ici, dans toute sa profondeur.

Un exercice pénétrant de lucidité sur aujourd’hui. Une indispensable leçon d’anticipation su demain. Un essai sur la France contemporaine sans précédent, pour tous ceux qui veulent comprendre et prévoir.

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L’introduction

Le 10 décembre 1848 se tient la première élection présidentielle de l’histoire de France.Elle se déroule, quoiqu’il soit alors entièrement masculin, au suffrage universel direct. Sous cette forme, il n’y en aura pas d’autre avant 1965. Louis-Napoléon Bonaparte rassemble les trois quarts des votes. Cet événement est encadré par deux autres. Une révolution, celle de février 1848 qui renverse le roi Louis-Philippe. Un coup d’État, celui du 2 décembre 1851, qui marque le passage de la IIe République au Second Empire, le président Bonaparte devenant Napoléon III. Au cœur de cette période, au mois de juin 1848, Paris connaît quatre journées d’insurrection populaire. La contestation est écrasée par les forces fidèles à l’Assemblée Nationale nouvellement élue. Les morts se comptent par milliers et la répression est atroce avec son lot de fusillés, d’emprisonnés et de déportés vers les colonies.

À l’orée d’un livre consacré à saisir les logiques qui déterminent notre actualité et dessinent ses développements possibles, l’évocation de cet épisode historique peut surprendre. Elle ne découle pas des quelques analogies que l’on pourrait tracer entre les faits et les personnages du passé et du présent. Elle s’impose par la référence à un ouvrage publié en 1852. Son titre est Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte. Son auteur est Karl Marx. Il y confronte ces concepts à la réalité mouvante d’alors. Il forge à cette occasion des outils de compréhension de la politique qui gardent à mes yeux toute leur pertinence.

Il s’agit en effet, ici, d’interpréter le moment que nous vivons et d’envisager le proche avenir qu’il engage dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022. Sans réfuter l’importance que peuvent revêtir l’événement fortuit ou le jeu des circonstances, il me semble possible d’établir des logiques structurelles à l’œuvre, telles qu’elles valent hier, aujourd’hui et demain. Pour ce faire, à côté de ce que la pratique des études d’opinion et du conseil politique m’ont appris, la relecture du 18 Brumaire aura été essentielle.

Je prends mon risque. Celui que le recours à un ouvrage particulier de Karl Marx soit assimilé à l’adoption de l’ensemble de son œuvre, y compris dans les aspects que la marche de l’histoire a le plus démentis. Je m’en tiendrai pourtant à sa seule analyse sociopolitique dont la puissance me paraît incontestable.

Il en est un autre, plus redoutable.Que l’on extrapole d’un emprunt à la littérature marxiste une conviction politique particulière, voire un projet militant. Il n’en est rien. Je fais le pari que, plus d’une génération après la disparition de l’Union soviétique, les réflexes conditionnés de la Guerre froide ont disparu. Aussi contestable que puisse paraître le décryptage que je propose, je me suis efforcé de le mener en toute impartialité.

Cet essai constitue d’abord une apologie du macronisme en ce qu’il le dépeint comme une solution politique idéalement conforme à son projet et aux forces sociales qui le soutiennent. Il est également un regard sur un pays qui se fragmente moins qu’il ne se polarise, une période où les enjeux se simplifient et où les antagonismes s’exacerbent.

Il se veut enfin l’exposé de logiques qui ont d’abord placé la gauche et la droite devant des contradictions insurmontées, puis ont permis le triomphe du libéralisme unifié sur le populisme divisé, c’est-à-dire d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Cette histoire n’est pas finie. La dynamique des blocs qui remplace l’ancien clivage introduit désormais une incertitude majeure sur l’issue électorale d’un conflit social et politique toujours plus radical.

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1848 – 2017

Deux brèches historiques

 

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