La résistance passive ne suffit plus. Il nous faut prendre le maquis !

Trump en lutte contre un Coup d'État feutré - Le Blog de ...

« Ceux qui rendent impossibles les révolutions pacifiques font que les révolutions violentes seront inéluctables »

*

Cela fait deux ans et demi que p’tit mac’ nous mène la guerre. À la suite de ses trois prédécesseurs mais avec un effet de violence et de coercition dont l’intensité et le degré de cruauté ne cessent de s’amplifier.

La seule question maintenant qui se pose à nous, c’est que fait-on face à ça ?

On continue à marcher / manifester / faire la grève ici ou là, de date en date, alors qu’en face ils ne bougeront pas ?

Quel que soit le nombre, ils ne bougeront pas, ils ne bougeront plus, sinon pour augmenter les doses et accélérer le processus.

On pourrait être trois millions dans les rues qu’ils diraient que nous n’étions que… 920 000 et ne changeraient rien à leur plan de guerre.

Non, ils ne lâcheront plus rien aussi longtemps qu’ils dirigeront l’État. Et si p’tit mac’ finissait par céder, ils le remplaceraient sur le champ par un(e) autre pire que lui. On voit bien comment ils remplacent leurs fusibles non ? Ils viennent d’en donner un nouvel exemple aujourd’hui même [le remplacement de Jean-Paul Delevoye par Laurent Pietraszewski, député LREM du Nord mais surtout ex directeur d’Auchan s’étant fait connaître entre autres choses pour avoir licencié et mis en justice une caissière pour un acte insignifiant].

Alors si l’on continue comme avant, comme depuis un an, avec des manifs rituelles mais sans aucun danger pour les dominants, on aura les mêmes déconvenues, les mêmes déceptions, la même rage sans espoir d’un épilogue heureux.

À la guerre, on détruit l’ennemi or c’est bien une guerre tous azimuts que p’tit mac’ et son monde nous mènent. Je crois que ceci est désormais acquis.

Alors, pour moi, c’est pénible et douloureux à dire, mais il va falloir agir autrement, je ne vois plus d’autre issue.

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Soit on accepte, de fait, la situation, tout en râlant/manifestant/faisant la grève, en tentant ici ou là quelques actions plus fortes, mais dont le périmètre trop restreint n’est pas à la hauteur des besoins et du seuil à atteindre pour peser sur la décision du camp adverse, soit on passe à autre chose. La résistance non plus simplement passive mais bien active.

Nous laissent-ils le choix ?

Leur enfermement dans la forteresse claquemurée du capitalisme intégriste, leur jusqu’au-boutisme forcené dans la destruction méthodique de l’oeuvre du CNR, leur refus absolu de toute concession aussi insignifiante soit-elle, ne peuvent que conduire au pire et cela rend inéluctable qu’in fine les dominés en viennent à se dire « Plutôt morts qu’esclaves » et en toute logique prennent les armes…

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« How long ? How long ? How long ? »… Il me revient ici cette complainte de Martin Luther-King, entendue à Montgomery, Alabama, le 25 mars 1965.

Il va falloir prendre le maquis. Pour de bon. Pour de vrai.

Je crois que de plus en plus de citoyens le pressentent, même s’ils ont du mal à en admettre aussi bien l’idée que les conséquences que cette prise de conscience implique. Et je veux bien me ranger parmi cette catégorie de citoyens. En effet, pour ce qui me concerne, je pourrais dire que ma conscience et ma lucidité précèdent mon courage et ma volonté… Mais à force de circonstances historiques, les peuples ont l’obligation de s’adapter et ils le font toujours à un moment ou à un autre. Le plus tôt sera le mieux.

Vous vous rappelez bien sûr que, par exemple s’agissant de la dévastation de l’écologie ou du risque (voire de la certitude) de l’effondrement de notre civilisation humaine en raison des désastres que l’humanité a engendrés sur la faune, la flore, les équilibres naturels les plus fondamentaux, on disait que plus tôt on prendrait les bonnes dispositions, moins pénible serait la transition. Et qu’à l’inverse, plus on attendrait, plus on enfanterait dans la douleur le monde d’après.

Eh bien, il en va de même pour ce qui nous anime ces temps-ci, à savoir l’indispensable libération de notre peuple de la situation de servitude qu’il tolère de fait depuis si longtemps, en fait depuis désormais pratiquement un demi-siècle car, pour ma part, je fais remonter l’origine de nos malheurs au début des années 70, avec la présidence Pompidou. Avant, on était loin, certes, de vivre dans un paradis, mais au moins on se trouvait dans une phase ascendante et nous connaissions un véritable progrès chaque année et ce dans tous les domaines. En outre, le peuple pouvait influer sur son destin même si parfois on le contraignait un peu. De Gaulle est ainsi arrivé au pouvoir en 1958 par ce qu’on est tenu de qualifier de coup d’État (la contrainte à laquelle je faisais allusion) mais dans un contexte assez singulier tout de même, et il fit reposer très rapidement son avènement sur le suffrage populaire. Puis, chacun le sait, il est parti à la minute où le peuple l’a désavoué (et aucun autre depuis n’a fait preuve d’autant de respect de la démocratie que lui).

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Le capitalisme tempéré, encadré, qui régissait l’économie d’alors – on parlait d’économie mixte puisque le secteur public était très dense et que l’État tenait en laisse les capitalistes – n’est plus cela. Il est devenu fou, intégriste, absolu, criminel à haute dose.

Donc, comme le dit Frédéric Lordon, il ne sera évincé que si une force comparable à la sienne, voire supérieure, s’oppose à lui.

Nous y sommes. Soit nous constituons cette force suffisamment conséquente pour le faire choir, soit nous serons tous morts parce que le système, comme en juin 1848, comme en mai 1871, se vengera de nous avec la détermination la plus acharnée à nous passer l’envie de le contester à nouveau.

Pour reprendre l’idée que Jérôme Sainte-Marie a brillamment développée dans son livre « Bloc contre bloc » publié en octobre dernier, il nous faut constituer d’urgence un bloc populaire puissant, conséquent (aux deux sens du terme et surtout au second…), déterminé, face au bloc élitaire. Mais il ne s’agit pas que de le constituer en vue de l’élection présidentielle car je ne crois pas que l’on puisse s’en sortir par le suffrage. Nous connaissons la musique désormais. Rien ne sera possible par ce biais-là.

C’est autrement qu’il nous faut reprendre le pouvoir et ensuite, mais ensuite seulement, revenir au principe du suffrage pour asseoir dans les urnes la révolution qui aura été faite. C’est dans cet ordre-là et non dans l’ordre inverse qu’il faut procéder. Car à faire primer le suffrage, on mettra au pouvoir des gens dont on ne maîtrisera pas les choix qui disposeront de tout l’arsenal coercitif offert par l’État dans le cadre du régime de la Ve République telle qu’elle a été refaçonnée, avec son corps législatif et réglementaire façon État policier.

Oui, je sais que la prise de conscience est cruelle. Mais plus vite elle sera généralisée dans les têtes, plus vite on sortira du tunnel, de la nuit et du brouillard où l’on se trouve.

Note :

Le texte intégral du discours de Martin Luther-King évoqué plus haut se retrouve ici.

Et pour écouter ce discours, la vidéo est ici.

 

Une réflexion sur « La résistance passive ne suffit plus. Il nous faut prendre le maquis ! »

  1. 100% d’accord avec ce billet. C’est aussi ce que je perçois et ressens. Rien de romantique révolutionnaire à tout cela, mais juste le constat bien réel que le passage par les urnes nous est barré. La mascarade de 2017 en a fait l’éclatante démonstration.

    Quant à cette prison des peuples qu’est l’UE, cet Empire qui nous asservit et nous vassalise tels des colonies, eh bien, nous devrons faire comme les anciennes colonies : nous affranchir par nous-mêmes de ces maîtres.

    Et pas poliment ou même légalement par cette fumisterie de l’article 50. Ni par ces autres fadaises que sont les Plans A/Plans B, etc. Après tout, les anciennes colonies ont-elles demandé au colonisateur la permission de devenir souverains, autonomes et indépendants ? Non, bien sûr que non. C’est les armes à la main qu’elles ont conquis tout cela.

    Alors c’est sûr, ce n’est pas glamour comme programme que de proposer de la sueur, des larmes et du sang. Nous avons collectivement et individuellement pris l’habitude de la pente facile. Alors que celle-ci, celle de la sécession de notre pays hors de l’UE, ne seront jamais des pentes faciles. Jamais ! Sauf qu’elles sont indispensables pour notre émancipation en tant que peuple.

    C’est en tout cas une question qui commence à traverser l’esprit de beaucoup de gens, notamment des GJ.

    Cnocrètement, quelques pistes : mettre notre pays en blocage. Faire le siège des ports, aéroports, gares ferroviaires, dépôts d’essence et raffinerie, avec les professionnels de ces lieux de travail, et nous autres en appui. Quitte à y faire les 3×8. On rationne le carburant uniquement pour le SAMU et les pompiers.

    Pas besoin d’aller à Matignon ni à l’Elysée. Quoique… dans un second temps, l’on pourra le faire, avec les tracteurs des agriculteurs, par exemple. Quand on voit la trouille d’un ministère dont la porte a été enfoncée par un simple Fenwick… ça fait réfléchir. Un tracteur, c’est puissant. Avec une bonne protection, c’est presque un tank.

    Et là, nous avons tout le monde avec nous : les professionnels des raffineries et essenceries, les personnels des ports, aéroports et gares ferroviaires, les agriculteurs, les contrôleurs aériens et les camionneurs. Nous pourrions alors suivre, tel un seul peuple. Nous faisons peuple.

    Ah p’tit mac voulait une France « en marche ». Eh bien, il l’a déjà, mais là c’est tout un peuple qui se lève et se soulève.

    Voilà quelques idées… En attendant, merci pour ce billet qui met en mots ce que je ressens au plus profond de moi-même : que bientôt viendra le moment du prix du sang à verser – prix déjà payé par les GJ, vu les mains arrachées et les visages éborgnés.

    Car dans cette lutte à mort, contre le capitalisme, c’est eux ou nous.
    Je vis dans l’espoir qu’un jour, un force encore plus puissante, en tout cas au moins égale au capitalisme, s’opposera à lui et lui assènera le coup mortel. Pour son éradication définitive.

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