[Billet invité] Il a été élu sur son PROJAIIIIIIIIIIIIIIIT – Par Mathieu MOREL – 26/12/2019

Françoise Fressoz (@FFressoz) | Twitter

Françoise Fressoz, la Nathalie Saint-Crocq du Quotidien de référence, la Christophe Barbier des salons de thé télévisuels, vient de signer dans Le Monde un éditorial sûrement passionnant (je ne l’ai pas lu… mon âge, le goût des nourritures grasses et mon non-abonnement m’obligent à prendre soin de ma santé) que Le Monde (justement, lui-même en personne, des fois qu’on me suspecterait de je ne sais quelle mauvaise foi) résume in extenso en préambule par : «Quel gâchis ! Quelle que soit l’issue du rapport de force autour de la réforme des retraites, l’exécutif a déjà perdu une bataille. Au lieu de décrisper la société, il a transformé en plomb l’or de la campagne présidentielle de 2017».

Il y a donc réellement des gens qui pensent, pensaient et pensent encore – voire penseront aussi longtemps qu’ils vivront – que la campagne présidentielle de 2017 était «de l’or». Pauvres de sinistres nous aux passions tristes qui pensions que c’était substantiellement de la merde portée, d’ébullition en ébullition, au stade d’huile presque essentielle. Sombres crétins populistes, dangereux activistes qui serinions dans le désert que ce génie inopiné sorti de la cuisse de Lui-même, ce prince-enfant-philosophe-roi mégalomane, narcissique et psychologiquement impubère, s’avérerait peut-être pire qu’une déception pour ceux qui, de bonne foi, ont imploré sa protection contre les Soeurs Zombre et autres méchants croquemitaines : un parfait traître, un vendu de la première heure, un cinglé inconséquent que rien n’arrêterait dans sa feuille de route… pas même le spectre d’une guerre civile.

Il y a réellement des gens, dans la vraie vie, qui pensent que ce génie-là n’a fait que pêcher par une candeur un peu trop idéaliste, une sorte de maladresse juvénile, gâchant ainsi la magie d’un moment de grâce et les promesses de lendemains glorieux qu’un peuple tout entier, béat, louait pieusement depuis ce jour saint du 7 mai 2017. «Et qué s’apélorio Emmanuel (Esaïe 7:14 : «vous allez voir que Brigitte vous apportera des emmerdes»)», «et qué marchorio comme un pinguouino constipé jusqu’à la pyramide du Louvrio devant la foule recueillie en délire sage parce que ces gens-là sont raisonnaaaab’ et qu’ils ont le triomphe meûdeeeeeeste». Il y a réellement des gens qui pensent que cette chose-là a pu exister. Il y a des éditorialistes de la presse libre, pluraliste et unanime que le monde entier nous envie qui peuvent encore, sans rire, proférer des ubuesqueries pareilles.

«Au lieu de décrisper la société, il a transformé en plomb l’or de la campagne présidentielle de 2017».
Jusqu’où faut-il aller, en même temps, dans le syndrome de Stockholm, de Munich, de Coblence ou de Panurge, le complot russe, la méthode Coué ou la maladie d’Alzheimer pour pousser à ce point la mauvaise rancune de s’être collectivement gourés en 2005 ?

Surtout que, sans vouloir être méchant, nous avons toujours été plutôt bon perdants, même quand nous avions gagné. Il ne manquerait plus qu’ils s’échinent à nous mettre un chouia en colère d’avoir eu raison à leur place.
On est peut-être inconvenant, mais eux en sont manifestement plusieurs.

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Pour accéder à la source de ce billet, il faut aller sur la page Facebook de Mathieu Morel et pour cela, cliquez ici.

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