Tous les articles par Vincent Christophe LE ROUX

Je suis pessimiste ces jours-ci…

Il peut y avoir pas mal de trucs qui me mettent en colère…

Dans la liste, et en bonne place, il y a les propos de tous ces connards qui doivent tout de leur carrière, de leur aisance financière, de leur notabilité, voire un jour ou l’autre de leur notoriété, à l’État justement. Cet État qui leur est si odieux qu’ils ne cessent de lui cracher à la gueule à longueur d’antenne ou de colonnes, que ce soit dans la presse grand public ou dans les revues « sérieuses » comme celles éditées par les organismes universitaires d’études sur l’administration ; cet État qu’ils ne cessent de dénoncer, de vilipender, de discréditer, de désorganiser, de dévaster, de rendre impuissant pour ensuite pouvoir confier à des firmes privées – et à coût sans cesse croissant – le soin de rendre des services d’intérêt général qui, jusque là, étaient rendus par l’État, avec efficacité le plus souvent et à moindre coût, voire en toute gratuité ; cet État qui, par ses écoles d’élite (il n’y a pas que l’ENA) les avaient formés et auraient dû leur inculquer la vocation de défendre cet État et ses services publics, de les maintenir efficaces, performants, disponibles, accessibles, et ce à moindre coût. C’est cet État que, directement ou indirectement, grossièrement ou avec un air tout à fait faux de finesse et de mesure, ils ne cessent de dézinguer, de démanteler, de déconstruire, méthodiquement, pierre après pierre, établissement après établissement, dans un plan d’ensemble qui n’est plus très loin de parvenir à son terme… Certains de nos anciens et historiques services publics ont ainsi été déjà tués il y a longtemps. De l’hôpital public et de la Sécu, il n’est pas loin de ne rester que des ruines. De l’école publique, il y a encore quelques traces mais plus pour longtemps. Quant à la fonction publique, s’il lui reste quelques années à vivre, du moins dans son périmètre actuel non réduit aux fonctions dites régaliennes, c’est bien un maximum. Et de toute façon, même le « régalien » peut se réduire comme peau de chagrin. Il y a bien une tendance lourde aux États-Unis à privatiser les armées et à constituer, à côté des « polices officielles » de vraies milices privées. Aussi bien dotées et armées que les forces de l’État, voire mieux encore !

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De la Stratégie du Choc – De leur jour d’après au nôtre…

Naomi Klein nous avait prévenus…

Les décennies des années 70 et 80 avaient vu les prémisses d’un basculement du monde. Mais les évolutions furent initiées à dose homéopathique pour que personne ne s’en rende compte.

Puis, les bases ayant été posées avant eux, voilà que sous l’action combinée de ces deux fléaux que furent Margaret Thatcher dans le vieux Monde et Ronald Reagan dans le Nouveau, la décennie des années 90 allait voir s’accélérer la course folle et criminelle du capitalisme devenu néolibéral sous la conduite d’olibrius tout aussi hallucinés les uns que les autres, de l’Ancien Monde au Nouveau, de l’Ouest à l’Est.

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[Billet invité] Congés des parents endeuillés : l’ignominie LREM – Par Anne-Sophie Chazaud – 01/02/2020

À La République en Marche, on aime beaucoup les familles. On en parle n’importe comment n’importe quand, on bricole dans tous les sens, on délire en mode so cool, on fait dire n’importe quoi à la psychanalyse : «Votre problème c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle. Tous les psychanalystes vous diront le contraire» déclare ainsi Emmanuel Macron, confondant allègrement comme un élève de 3ème (et encore) la fonction symbolique et le réel. Lacan dirait : manque de re-pères jeune homme, manque de re-pères…

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[Billet invité] Du centrisme modéré au contorsionnisme obscène – Par Mathieu Morel – 01/02/2020

Il faut le reconnaître : depuis le « barrage républicain » d’avril 2017 (et même un peu avant pour les plus aiguisés), on s’est éloignés du premier à une vitesse vertigineuse. Et il n’aura fallu que quelques petits – et néanmoins interminables – mois pour observer leur maîtrise aussi virtuose que branquignole dans toutes les figures imaginables que le second permet.

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[Billet invité] Imagine-t-on le Général… ? Par Mathieu Morel le 28/01/2020

« Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? » lançait, goguenard (et longtemps avant l’hologramme Evribodinozeroulzes), celui qui aurait pu s’en payer le luxe dès la cinquantaine et allait pourtant devoir se fader un peu plus tard les premières pollutions aussi révolutionnaires que nocturnes des Romain Goupil et autres Daniel Cohn-Bendit. Les mêmes jeunes crétins dont, trop longtemps après, nous devrions encore subir les fulgurances de vieux cons aigris sans jamais être autorisés à les remettre en question au nom – au choix ou en bloc – de la « liberté », du « jeunisme », du « respect dû à leur grand âge », des sacro-saintes « valeurs » (dont on finit par ne plus très bien savoir de quoi il retourne vraiment tant on en a dilué tous les principes mais tant que ça sonne et trébuche, c’est toujours ça de négociable).

Que reste-t-il de leur révolution de 68 ?

La liberté ? Au point que l’ « interdiction d’interdire » a fini par donner à chacun le droit d’exiger d’autrui ce qui lui chante. Plus il est « interdit d’interdire », plus on a intérêt à mesurer soigneusement ce qu’on dit ou fait, « principe de précaution » oblige. Et pour éviter les ennuis, on légifère même préventivement à tour de bras afin que chaque singularité puisse être reconnue comme une portion d’intérêt général potentiel. On n’est jamais trop prudent.

Le « jeunisme » ? De jeunes, ils n’ont jamais toléré qu’eux-mêmes. Ou, à la rigueur, ceux sur lesquels ils expérimentaient leurs novatrices doctrines progressistes et « doltoïdes » dans des bidules expérimentaux et « alternatifs », dont les fondements scientifiques étaient inexistants et les résultats, globalement, se sont avérés désastreux. Mais peu importe : le youkaïdisme stérile, tout comme la roue d’un hamster, est une éternelle espérance.
Oui mais le salaire minimum a augmenté, on a eu les Accords de Grenelle, ce fut un grand moment social. Certes, mais Goupil et Cohn-Bendit n’y sont pour rien (et ils ont encore la décence – en supposant qu’ils y pensent seulement – de ne pas se l’attribuer, soyons bons princes). Eux, ce qu’ils réclamaient, c’était le droit libre d’aller voir les filles dans les dortoirs. Pas d’améliorer la condition du plouc.

Le vrai bilan, pourtant, est tombé comme un couperet (pourvu que Sa Sainteté Badinter me pardonne l’allusion potache), rien de moins qu’un jubilé plus tard. De leur révolution, on ne retient plus que ces deux vieux-jeunes confits dans leur vinaigre, qui ont eu tout loisir de conseiller – mal, avec un soin qui forcerait presque la considération – tous les princes et trouvent encore le moyen de brailler que « c’était mieux avant ». Ne serait-ce que parce qu’ « avant », les jeunes, c’était eux. Alors que depuis, c’est tout à fait ridicule : les jeunes ne rêvent même plus comme eux à leur âge. Sont-ils bêtes ! À leur crépuscule, ils ont même promu, vendu corps et âme et en tortillant de la bedaine, un jeune insipide dont ils se plaisent à croire – la naïveté étant souvent l’Eau de Jouvence des imbéciles – qu’ils sont les indispensables pygmalions libidineux. Comme pygmalions, ils seront évidemment cocus selon le sens que le vent voudra bien prendre. Comme libidineux, ça ne changera pas grand chose : que leurs Dieux se tripotent, et eux avec.

Mais leur jeune oie prodige avait déjà son Agrippine. Ces Kapos zélés et volontiers orduriers feraient bien de se demander, un jour, à quoi ils ont réellement servi et si leurs calculs ne risquent pas de se retourner, un jour, contre eux. 50 ans de bons et loyaux services d’un idiot utile, ça peut aussi être une belle monnaie d’échange pour sauver la tête d’un scélérat sans vergogne.
En attendant, ils posent en vieux sages, invitent promptement à restreindre les libertés élémentaires – des autres, évidemment – parce qu’ils ont un peu les chocottes, et n’hésitent pas à déplorer que les flics n’aient plus le droit de tirer dans le tas. Comme au bon vieux temps. Comme avant. Avant eux, d’ailleurs. Parce que sinon, leur révolution, nous l’attendrions sans doute encore. (Ou pas).

Ça sera aussi cela, le « bilan » de « leur révolution » : rien. La chienlit et rien. Une poignée de vieux cons qui caquettent, pérorent et s’indignent de la violence des séditieux d’en face, et qui trouvent tout naturel que des Milices assermentées leur pètent les tibias, les yeux, l’honneur, la dignité, l’outil de travail. C’est que ces révolutionnaires-là, ma bonne dame, ça ne sait pas beaucoup ce que sont le travail, la dignité, l’honneur, les yeux pour voir… Ces révolutionnaires-là, ça voulait juste s’offrir une parenthèse enchanteresse pour frémir un peu avant de revenir à la gamelle. Ces révolutionnaires-là, après avoir bruyamment craché dans la soupe, se sont jetés dessus et ont passé la gamelle par pertes et profits. Ils nous ont laissé tout à refaire après avoir bradé les outils. Et quand on a l’outrecuidance de suggérer qu’ils ont peut-être un peu charrié aux entournures, ils s’agacent et nous traitent – tout en nuances – de vieux cons et de nazis.

Après, on s’offre les De Gaulle qu’on mérite.
Et on dispense les leçons de « dictature » et de « démocratie » qu’on peut.

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[Billet invité] Révolution française 2.0 : l’irrésistible reconstruction d’un Tiers-État – Par Pierrick Tillet le 28/01/2020

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Inspecteurs des impôts jetant  leurs copies du Code des impôts le 27 janvier 2020 (notez la tête de leur hiérarchie à gauche).

Lancée par les Gilets jaunes de l’époque (les Sans-Culottes), la première Révolution française a été précipitée par l’entrée dans la bagarre, le 11 août 1789, du Tiers-État, cette coalition bourgeoise qui avait le tort à l’époque de n’être affiliée, ni à la noblesse, ni au clergé, c’est-à-dire au cercle restreint de la monarchie capétienne.

Eh bien, bis repetita, le Tiers-État est en train de se reconstituer sous nos yeux pour la Révolution française 2.0.

Après les ouvriers, les enseignants, les avocats, les médecins, les pompiers… les inspecteurs des impôts !!!

« En tant qu’historien, j’attends avec curiosité l’entrée en rage des enfants de la petite bourgeoisie [entendez le Tiers-État d’aujourd’hui, ndlr]« , disait Emmanuel Todd à propos de son ouvrage Les Luttes des classes en France au XXIème siècle. Eh bien, figurez-vous que c’est fait. Après les ouvriers, les enseignants, les avocats, les médecins, les pompiers… voici qu’entrent dans la danse de l’insurrection – je vous le donne en mille ! – les inspecteurs des impôts !!!

Traduction : « Il y a toute une révolution qui explose en France en ce moment, mais où sont les médias occidentaux ? Les travailleurs, les enseignants, les avocats, les médecins, les pompiers, et maintenant, même les inspecteurs des impôts jettent des copies du Code des impôts et se joignent à la manifestation de masse contre Macron. »

En haut, dans la monarchie macronienne, ils sont faits comme des rats

Qui reste encore à la traîne dans ce soulèvement des classes populaires et moyennes françaises entrées en rage contre le pouvoir, je veux dire à part la hiérarchie inamovible des gardes-chiourmes zélés (préfets, recteurs, proviseurs, petits chefs de service, chefs de police…) ? Les flics de base ? Eux aussi y viendront. Sont juste un peu lents de la comprenette. Il leur faut un peu de temps pour sentir les vents tourner.

En attendant, imaginez nos robocops en train de gazer, matraquer, éborgner le valeureux corps des inspecteurs des impôts de la République… Voulez-vous que je vous précise mon sentiment ? Je crois qu’en haut, dans la monarchie macronienne, ils sont faits comme des rats.

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[Billet invité] « Dictature » : les Gentils parlent aux Méchants – Par Mathieu Morel le 28/01/2020

Tout a été dit de cette pathétique séquence, qui en suivait une autre, non moins pathétique. Tout et n’importe quoi aussi, parce qu’il faut bien être honnête. C’est toujours avec un peu de recul qu’on mesure mieux la vraie profondeur des grands hommes.

Ce qu’il y a de singulier chez notre auguste prince-enfant-philosophe-roi, c’est que pour saisir la sienne, il suffit en général de quelques jours, heures voire minutes. Le temps d’écrémer la mousse et encore… en espérant que les bulles n’éclatent pas trop rapidement, sinon il n’en reste rien. Dans l’uber-monde éphémère, faire du bruit avec sa bouche, c’est déjà s’inscrire dans l’Histoire. Sur Instagram ou à l’Élysée, peu importe : ce ne sont jamais que des vecteurs, de simples décors interchangeables pour le grand théâtre de leurs vacuités aussi satisfaites qu’insatiables. Lorsqu’on tentera un jour de compiler ses contributions à l’esprit des Lumières, on aura peut-être du mal à le hisser plus haut que le petit con qui joue avec les interrupteurs. On ne pourra pourtant pas faire l’impasse : il est entré dans l’Histoire de France. Par effraction, par imposture, par incongruité, par veulerie collective… mais quelque chose, au-delà de lui, lui a permis d’y entrer, dont il faudra aussi faire le procès, le moment venu.

Or, juste après son numéro grotesque d’ersatz low-cost sous-chiraquoïde (qui justifierait déjà, à lui seul, qu’on passe tous ses professeurs de théâtre par les armes), voilà que l’éminent marque-page autoproclamé de Paul Ricoeur s’est piqué de livrer ses fulgurances pénétrées dans l’avion qui le ramenait de Jérusalem. On pourra toujours invoquer l’ivresse des cimes ou le manque d’oxygène, c’est un truc assez « prisé » – si on ose dire – des progressistes « in ze wind » : sitôt perchés dans un avion, ils se mettent à déblatérer comme si leur cerveau était nourri à l’hélium. Un certain François, avant lui, a montré un peu le chemin. Et si ça n’était que ça, on pardonnerait de bon cœur. Parce que, quoi qu’en disent tous ceux qui s’acharnent à nous persuader que « Vichy c’était nous » pour mieux nous faire oublier que, décidément sans cesse, la capitulation c’est eux seuls, nous ne sommes pas si mauvais bougres. Même quand on leur demande de ne pas capituler, ils nous expliquent que c’est « pour notre bien ». Et si on insiste, ils se mettent à nous traiter de traîtres ou de terroristes. Et pour finir, à chaque fois qu’on se libère, sans eux voire malgré eux, ils trouvent le moyen de geindre que « tout ce malentendu aurait pourtant tellement pu être évité par le DIALOGUE et les mains tendues ». Ah ! La fameuse barbarie des épurations… comme si elles n’étaient pas consécutives à des périodes un peu longuettes où le dialogue, ils nous sommaient doctement de nous le carrer où personne n’ose penser et où la main tendue, c’était surtout la droite, très haut.

Et la « dictature » alors ? Il aurait pu dire bien des choses, en somme, s’il avait eu un peu de lettres et d’esprit (et un « socle de connaissances » – puisque c’est ainsi qu’on nomme désormais la toise au-dessus de laquelle on tire à vue – qui dépasse un peu le niveau CP). Mais l’escroc ne fait que des bulles (et même pas papales). Il n’en est même pas vraiment blâmable : il n’a rien appris d’autre dans son cursus. Un « dictateur », pour lui, c’est évidemment un méchant à moustache qui sacrifie des innocents en ricanant d’aisance. Dans sa culture politique, Hergé est tout de même beaucoup plus nazi que Casimir. Et ça ne va pas chercher plus loin. Le reste est à l’avenant. Il aurait même pu, avec un peu de lettres et d’esprit, démontrer que nous n’étions pas en « dictature ».

Il y a pourtant deux problèmes majeurs rigoureusement inaccessibles à sa suffisante pensée complexe : le génie qu’on nous a vendu (très cher) est un cuistre infantile, et nous ne sommes plus vraiment en démocratie non plus. Et la vraie vie, c’est parfois un peu plus subtil que les dessins animés.
Mais même ça, c’est au-dessus de ses joviennes forces.

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[Billet invité] La France du chaos – Par Anne-Sophie Chazaud – Le 28/01/2020

Visuel illustrant l'article d'Anne-Sophie Chazaud - La France du chaos

S’il fallait résumer ce qu’aura été la France de Macron, c’est cela, cette image, terrible, à laquelle on ne s’habituera jamais : les hommes qui nous protègent, les pompiers, assaillis aujourd’hui par les forces de l’ordre qui, normalement devraient aussi le faire. C’est l’image du chaos insupportable dans lequel le peuple français a été plongé en raison d’un mode de gouvernance autoritaire, oui, autoritaire, complètement narcissique, sourd et inapte à comprendre ce qu’est ce pays. Tout cela pour une réforme stupide, mal ficelée, ruineuse pour la population, ruineuse pour notre identité sociale.

C’est l’image d’un peuple qui a été poussé à se diviser de tous côtés.

Pour quoi ?

Pour complaire à une fraction de privilégiés frileux qui ne croient ni à Dieu ni à Diable, qui n’ont que l’argent et leurs prébendes comme but existentiel, qui ne connaissent rien à la notion d’honneur, de valeurs, de dignité, et encore moins lorsqu’il s’agit de celle d’un peuple dont il n’ont que faire et auquel ils n’ont jamais su qu’ils appartenaient par le biais de la communauté nationale.

Pendant ce temps, les territoires perdus de la République continuent de s’éloigner, on peut menacer de mort une jeune fille à la langue impertinente, mais cela aussi sert le projet de fragmentation nationale, cela aussi sert le projet de petites niches de marché.

De tout ceci, un jour, de cette trahison, il faudra rendre des comptes. Le peuple demandera des comptes. Cela finit toujours par arriver, quel que soit le temps que cela prend.

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[Billet invité] Emmanuel Macron : Illégalité, illégitimité et imposture (parties 1 et 2) – Par Régis de Castelnau (avocat) – 26/01/2020

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : L’auteur de ce billet ci-dessous reproduit est Régis de Castelnau, un avocat bien connu du barreau de Paris qui tient un blog très lu intitulé Vu du droit.

Vous avez ci-dessous les deux parties d’une démonstration d’une grande densité et en même temps d’une grande gravité. Qui recoupe largement ce que nombre de mes ami-e-s politiques et moi-même, qui ne sommes pas avocats ou professionnels du Droit ou de la science politique, mais seulement des citoyens engagés, ne cessons de dire depuis le jour du premier tour de l’élection présidentielle de 2017.

C’est un puissant réquisitoire contre le président de la République, avec une argumentation du type de celles qu’un procureur pourrait défendre au prétoire à l’encontre d’un accusé.

Régis de Castelnau qui est avocat connaît bien le Droit, aussi bien le Droit constitutionnel que le Droit administratif ou le Droit public en général, sans ignorer non plus le Droit privé avec toutes les questions tenant à la justice judiciaire, gardienne (en théorie juridique) des libertés individuelles.

Sa démonstration est lumineuse bien que nous n’apprenions pas grand chose tant nous sommes informés et conscients de ce qui se passe depuis deux ans et demi que Macron occupe illégalement et illégitimement sa fonction.

Là où Régis de Castelnau nous apporte quelque chose qui n’a pas de prix, et pour cela on lui doit remerciements et gratitude, c’est qu’il décrit on ne peut plus clairement, sans langue de bois, sans langage codé ou expression diplomatique, les fautes, les errements, les illégalités, les faits constitutifs d’inconstitutionnalités manifestes don Macron et sa bande se sont rendus coupables depuis qu’ils sont à leurs postes, ce dont beaucoup ont certes conscience mais que si peu osent avouer publiquement. Or Régis de Castelnau met allègrement les pieds dans le plat, si j’ose dire. Lui n’a pas le tort d’avoir comme d’autres des pudeurs de gazelle ! Et il pourrait bien décoincer / dégoiser / désinhiber pas mal de gens. Je fais partie, avec quelques ami-e-s politiques de celles et ceux qui ont osé de tempos en temps évoquer le quasi coup d’État du premier tour de l’élection présidentielle, en basant sur les très nombreuses irrégularités constatées ce jour-là et rapportées dans les médias, avant de disparaître des sites internet de presse, irrégularités qui, bien que massives, n’ont jamais été traitées comme elles auraient dû l’être à la fois par les « pouvoirs publics », par les juges qui étaient censés protéger nos libertés fondamentales et la sincérité du scrutin, et par nos « représentants » qu’ils soient déjà élus ou qu’ils aient aspiré alors à l’être… Silence radio absolu et assourdissant de la part de Mélenchon notamment…

Donc que Régis de Castelnau dise les choses et les dise ainsi, sans fioriture, sans finasserie, cela va nous aider à être peut-être entendus. Enfin entendus !

Car, à la différence de mes ami-e-s politiques et de moi,-même, Régis de Castelnau n’est pas un anonyme du type de ceux qui parlent dans le désert, quoi qu’ils disent ! Son blog est très lu, très suivi. Et sans doute y compris dans les hautes sphères… Donc, quand il parle, ou en l’occurrence quand il écrit, ce qu’il dit « voyage » si j’ose dire. Et pourrait bien avoir son effet, un effet quelque peu explosif. Car si Régis de Castelnau étrille, depuis un certain temps déjà, Emmanuel Macron, les deux parties de son billet qu’il a publiées entre hier (25 janvier) et aujourd’hui (26 janvier) sont une véritable bombe à fragmentation. Espérons que les dommages portés à la cible, ajoutés à ceux que le peuple lui inflige depuis quelques temps, seront assez profonds et réels pour la faire s’effondrer au plus vite. Car nous n’en pouvons plus…

Oui, j’ai idée que ce billet va avoir des effets très puissants. En raison de ce qui est dit et en raison de qui l’a dit…

On peut retrouver l’original du billet en cliquant ici pour la première partie et pour la seconde. Les visuels que j’ai mis en amorce des deux parties sont ceux que Régis de Castelnau a choisis lui-même pour illustrer son billet.

1ère partie: L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron est illégitime (publié le 25/01/2020)

2nde partie : Illégitimité de l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron (publié le 26/01/2020)

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[Billet invité] Macron, l’ivresse des cimes et les «discours coupables» – Par Anne-Sophie Chazaud – 24/01/2020

Visuel illustrant l'article d'Anne-Sophie Chazaud - L'ivresse des cimes et les discours coupables


Voici que, comme le souverain pontife qui se met fréquemment à raconter n’importe quoi sitôt qu’il est en avion, saisi par quelque ivresse des cimes, le président de notre Presipauté, s’en revenant d’être allé imiter Chirac à Jérusalem, fut saisi du même mal.

Celui, déjà, de cette mode des fausses confidences des hommes politiques où l’on feint d’être naturel et où tout est calculé.

Celui, ensuite, de proférer un nombre important de paroles éminemment contestables voire parfaitement stupides, et d’autres carrément graves.

Je passe sur l’habituel couplet d’autoflagellation comparant grosso modo la Shoah et la guerre d’Algérie : que ne ferait-on pour glaner quelques voix communautaristes…

La ficelle, même bien enrobée à la pseudo sauce Ricoeur, ne tient pas la route et cette compétition mémorielle n’est pas une nouveauté dans le kougloff intellectuel qui tient lieu de pensée au macronisme. En revanche, des paroles particulièrement hallucinantes ont été tenues, au sujet de la fronde sociale, dont la nuit passée a offert un si beau visage, avec ses multiples marches aux flambeaux, dignes, joyeuses, chaleureuses, sans violences (et c’est bien sans doute cela qui dérange le plus le pouvoir).
En effet, Emmanuel Macron a affirmé qu’en opposition politique démocratique, on avait « l’interdiction de la haine ».

Hier, dans mon article chez Atlantico, je mettais en garde contre le fait que le vrai but avéré de la redoutable loi Avia était, au delà de favoriser le minoritarisme militant, de museler, à terme, l’opposition sociale et politique que l’on assimilerait promptement à de la «haine» que l’on criminaliserait peu à peu, en soi, en tant que sentiment coupable.

Il n’aura pas fallu attendre un jour pour obtenir la confirmation du bien fondé de cette analyse.
Emmanuel Macron évidemment se trompe, à dessein, puisqu’il s’agit là de mettre en place une rhétorique et un processus profondément anti-démocratique : en démocratie, comme n’importe où, on a parfaitement le droit d’avoir la haine, de haïr un homme politique, un légume vert, une chanson, une odeur, une saison, un sport, un style vestimentaire et même une religion qui nous sortirait par les trous de nez. La haine est un sentiment, une opinion, et elle est particulièrement répandue voire indispensable dialectiquement et précisément en politique, et particulièrement quand on a affaire à un pouvoir sourd et aveugle qui avance tel un Panzer en mode Blitzkrieg.

Emmanuel Macron s’en est pris à ceux qui tiennent des « discours politiques extraordinairement coupables ». Coupables, le mot est lâché.

Tout dans cette phrase est grave : criminalisation de la pensée, criminalisation de la liberté d’expression, criminalisation de l’opposition politique.

Et s’il se trouve de nombreuses personnes qui considèrent que, certes, nous ne sommes pas encore en dictature mais plus tout à fait en démocratie, il va bien falloir finir par les entendre et les écouter sauf à mettre plus de la moitié du pays à la Bastille avec un œil en moins.

« Essayez la dictature et vous verrez!», lance-t-il du haut de sa petite quarantaine inexpérimentée en mode «qu’ils viennent me chercher ! ». Eh bien, nous lui répondrions bien volontiers : « Essayez la démocratie, et vous verrez, c’est pas mal non plus !  ».

Nous le réaffirmons avec force : ce pouvoir est éminemment liberticide et tous les ferments d’un contrôle autoritaire de l’opinion publique sont en place pour la reconduction aux manettes. Ils seront, pour cela, prêts à tout.

Le chant des partisans était chanté partout en France cette nuit. Sera-t-il bientôt interdit au titre des paroles de haine ?

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On peut retrouver l’original sur la page d’Anne-Sophie Chazaud en cliquant ici.

Le visuel est celui choisi par Anne-Sophie Chazaud pour illustrer son billet.