Archives pour la catégorie 11- Billets de mes ami-e-s et de mes contacts

[Billet invité] Du centrisme modéré au contorsionnisme obscène – Par Mathieu Morel – 01/02/2020

Il faut le reconnaître : depuis le « barrage républicain » d’avril 2017 (et même un peu avant pour les plus aiguisés), on s’est éloignés du premier à une vitesse vertigineuse. Et il n’aura fallu que quelques petits – et néanmoins interminables – mois pour observer leur maîtrise aussi virtuose que branquignole dans toutes les figures imaginables que le second permet.

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[Billet invité] Imagine-t-on le Général… ? Par Mathieu Morel le 28/01/2020

« Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? » lançait, goguenard (et longtemps avant l’hologramme Evribodinozeroulzes), celui qui aurait pu s’en payer le luxe dès la cinquantaine et allait pourtant devoir se fader un peu plus tard les premières pollutions aussi révolutionnaires que nocturnes des Romain Goupil et autres Daniel Cohn-Bendit. Les mêmes jeunes crétins dont, trop longtemps après, nous devrions encore subir les fulgurances de vieux cons aigris sans jamais être autorisés à les remettre en question au nom – au choix ou en bloc – de la « liberté », du « jeunisme », du « respect dû à leur grand âge », des sacro-saintes « valeurs » (dont on finit par ne plus très bien savoir de quoi il retourne vraiment tant on en a dilué tous les principes mais tant que ça sonne et trébuche, c’est toujours ça de négociable).

Que reste-t-il de leur révolution de 68 ?

La liberté ? Au point que l’ « interdiction d’interdire » a fini par donner à chacun le droit d’exiger d’autrui ce qui lui chante. Plus il est « interdit d’interdire », plus on a intérêt à mesurer soigneusement ce qu’on dit ou fait, « principe de précaution » oblige. Et pour éviter les ennuis, on légifère même préventivement à tour de bras afin que chaque singularité puisse être reconnue comme une portion d’intérêt général potentiel. On n’est jamais trop prudent.

Le « jeunisme » ? De jeunes, ils n’ont jamais toléré qu’eux-mêmes. Ou, à la rigueur, ceux sur lesquels ils expérimentaient leurs novatrices doctrines progressistes et « doltoïdes » dans des bidules expérimentaux et « alternatifs », dont les fondements scientifiques étaient inexistants et les résultats, globalement, se sont avérés désastreux. Mais peu importe : le youkaïdisme stérile, tout comme la roue d’un hamster, est une éternelle espérance.
Oui mais le salaire minimum a augmenté, on a eu les Accords de Grenelle, ce fut un grand moment social. Certes, mais Goupil et Cohn-Bendit n’y sont pour rien (et ils ont encore la décence – en supposant qu’ils y pensent seulement – de ne pas se l’attribuer, soyons bons princes). Eux, ce qu’ils réclamaient, c’était le droit libre d’aller voir les filles dans les dortoirs. Pas d’améliorer la condition du plouc.

Le vrai bilan, pourtant, est tombé comme un couperet (pourvu que Sa Sainteté Badinter me pardonne l’allusion potache), rien de moins qu’un jubilé plus tard. De leur révolution, on ne retient plus que ces deux vieux-jeunes confits dans leur vinaigre, qui ont eu tout loisir de conseiller – mal, avec un soin qui forcerait presque la considération – tous les princes et trouvent encore le moyen de brailler que « c’était mieux avant ». Ne serait-ce que parce qu’ « avant », les jeunes, c’était eux. Alors que depuis, c’est tout à fait ridicule : les jeunes ne rêvent même plus comme eux à leur âge. Sont-ils bêtes ! À leur crépuscule, ils ont même promu, vendu corps et âme et en tortillant de la bedaine, un jeune insipide dont ils se plaisent à croire – la naïveté étant souvent l’Eau de Jouvence des imbéciles – qu’ils sont les indispensables pygmalions libidineux. Comme pygmalions, ils seront évidemment cocus selon le sens que le vent voudra bien prendre. Comme libidineux, ça ne changera pas grand chose : que leurs Dieux se tripotent, et eux avec.

Mais leur jeune oie prodige avait déjà son Agrippine. Ces Kapos zélés et volontiers orduriers feraient bien de se demander, un jour, à quoi ils ont réellement servi et si leurs calculs ne risquent pas de se retourner, un jour, contre eux. 50 ans de bons et loyaux services d’un idiot utile, ça peut aussi être une belle monnaie d’échange pour sauver la tête d’un scélérat sans vergogne.
En attendant, ils posent en vieux sages, invitent promptement à restreindre les libertés élémentaires – des autres, évidemment – parce qu’ils ont un peu les chocottes, et n’hésitent pas à déplorer que les flics n’aient plus le droit de tirer dans le tas. Comme au bon vieux temps. Comme avant. Avant eux, d’ailleurs. Parce que sinon, leur révolution, nous l’attendrions sans doute encore. (Ou pas).

Ça sera aussi cela, le « bilan » de « leur révolution » : rien. La chienlit et rien. Une poignée de vieux cons qui caquettent, pérorent et s’indignent de la violence des séditieux d’en face, et qui trouvent tout naturel que des Milices assermentées leur pètent les tibias, les yeux, l’honneur, la dignité, l’outil de travail. C’est que ces révolutionnaires-là, ma bonne dame, ça ne sait pas beaucoup ce que sont le travail, la dignité, l’honneur, les yeux pour voir… Ces révolutionnaires-là, ça voulait juste s’offrir une parenthèse enchanteresse pour frémir un peu avant de revenir à la gamelle. Ces révolutionnaires-là, après avoir bruyamment craché dans la soupe, se sont jetés dessus et ont passé la gamelle par pertes et profits. Ils nous ont laissé tout à refaire après avoir bradé les outils. Et quand on a l’outrecuidance de suggérer qu’ils ont peut-être un peu charrié aux entournures, ils s’agacent et nous traitent – tout en nuances – de vieux cons et de nazis.

Après, on s’offre les De Gaulle qu’on mérite.
Et on dispense les leçons de « dictature » et de « démocratie » qu’on peut.

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[Billet invité] Révolution française 2.0 : l’irrésistible reconstruction d’un Tiers-État – Par Pierrick Tillet le 28/01/2020

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Inspecteurs des impôts jetant  leurs copies du Code des impôts le 27 janvier 2020 (notez la tête de leur hiérarchie à gauche).

Lancée par les Gilets jaunes de l’époque (les Sans-Culottes), la première Révolution française a été précipitée par l’entrée dans la bagarre, le 11 août 1789, du Tiers-État, cette coalition bourgeoise qui avait le tort à l’époque de n’être affiliée, ni à la noblesse, ni au clergé, c’est-à-dire au cercle restreint de la monarchie capétienne.

Eh bien, bis repetita, le Tiers-État est en train de se reconstituer sous nos yeux pour la Révolution française 2.0.

Après les ouvriers, les enseignants, les avocats, les médecins, les pompiers… les inspecteurs des impôts !!!

« En tant qu’historien, j’attends avec curiosité l’entrée en rage des enfants de la petite bourgeoisie [entendez le Tiers-État d’aujourd’hui, ndlr]« , disait Emmanuel Todd à propos de son ouvrage Les Luttes des classes en France au XXIème siècle. Eh bien, figurez-vous que c’est fait. Après les ouvriers, les enseignants, les avocats, les médecins, les pompiers… voici qu’entrent dans la danse de l’insurrection – je vous le donne en mille ! – les inspecteurs des impôts !!!

Traduction : « Il y a toute une révolution qui explose en France en ce moment, mais où sont les médias occidentaux ? Les travailleurs, les enseignants, les avocats, les médecins, les pompiers, et maintenant, même les inspecteurs des impôts jettent des copies du Code des impôts et se joignent à la manifestation de masse contre Macron. »

En haut, dans la monarchie macronienne, ils sont faits comme des rats

Qui reste encore à la traîne dans ce soulèvement des classes populaires et moyennes françaises entrées en rage contre le pouvoir, je veux dire à part la hiérarchie inamovible des gardes-chiourmes zélés (préfets, recteurs, proviseurs, petits chefs de service, chefs de police…) ? Les flics de base ? Eux aussi y viendront. Sont juste un peu lents de la comprenette. Il leur faut un peu de temps pour sentir les vents tourner.

En attendant, imaginez nos robocops en train de gazer, matraquer, éborgner le valeureux corps des inspecteurs des impôts de la République… Voulez-vous que je vous précise mon sentiment ? Je crois qu’en haut, dans la monarchie macronienne, ils sont faits comme des rats.

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[Billet invité] « Dictature » : les Gentils parlent aux Méchants – Par Mathieu Morel le 28/01/2020

Tout a été dit de cette pathétique séquence, qui en suivait une autre, non moins pathétique. Tout et n’importe quoi aussi, parce qu’il faut bien être honnête. C’est toujours avec un peu de recul qu’on mesure mieux la vraie profondeur des grands hommes.

Ce qu’il y a de singulier chez notre auguste prince-enfant-philosophe-roi, c’est que pour saisir la sienne, il suffit en général de quelques jours, heures voire minutes. Le temps d’écrémer la mousse et encore… en espérant que les bulles n’éclatent pas trop rapidement, sinon il n’en reste rien. Dans l’uber-monde éphémère, faire du bruit avec sa bouche, c’est déjà s’inscrire dans l’Histoire. Sur Instagram ou à l’Élysée, peu importe : ce ne sont jamais que des vecteurs, de simples décors interchangeables pour le grand théâtre de leurs vacuités aussi satisfaites qu’insatiables. Lorsqu’on tentera un jour de compiler ses contributions à l’esprit des Lumières, on aura peut-être du mal à le hisser plus haut que le petit con qui joue avec les interrupteurs. On ne pourra pourtant pas faire l’impasse : il est entré dans l’Histoire de France. Par effraction, par imposture, par incongruité, par veulerie collective… mais quelque chose, au-delà de lui, lui a permis d’y entrer, dont il faudra aussi faire le procès, le moment venu.

Or, juste après son numéro grotesque d’ersatz low-cost sous-chiraquoïde (qui justifierait déjà, à lui seul, qu’on passe tous ses professeurs de théâtre par les armes), voilà que l’éminent marque-page autoproclamé de Paul Ricoeur s’est piqué de livrer ses fulgurances pénétrées dans l’avion qui le ramenait de Jérusalem. On pourra toujours invoquer l’ivresse des cimes ou le manque d’oxygène, c’est un truc assez « prisé » – si on ose dire – des progressistes « in ze wind » : sitôt perchés dans un avion, ils se mettent à déblatérer comme si leur cerveau était nourri à l’hélium. Un certain François, avant lui, a montré un peu le chemin. Et si ça n’était que ça, on pardonnerait de bon cœur. Parce que, quoi qu’en disent tous ceux qui s’acharnent à nous persuader que « Vichy c’était nous » pour mieux nous faire oublier que, décidément sans cesse, la capitulation c’est eux seuls, nous ne sommes pas si mauvais bougres. Même quand on leur demande de ne pas capituler, ils nous expliquent que c’est « pour notre bien ». Et si on insiste, ils se mettent à nous traiter de traîtres ou de terroristes. Et pour finir, à chaque fois qu’on se libère, sans eux voire malgré eux, ils trouvent le moyen de geindre que « tout ce malentendu aurait pourtant tellement pu être évité par le DIALOGUE et les mains tendues ». Ah ! La fameuse barbarie des épurations… comme si elles n’étaient pas consécutives à des périodes un peu longuettes où le dialogue, ils nous sommaient doctement de nous le carrer où personne n’ose penser et où la main tendue, c’était surtout la droite, très haut.

Et la « dictature » alors ? Il aurait pu dire bien des choses, en somme, s’il avait eu un peu de lettres et d’esprit (et un « socle de connaissances » – puisque c’est ainsi qu’on nomme désormais la toise au-dessus de laquelle on tire à vue – qui dépasse un peu le niveau CP). Mais l’escroc ne fait que des bulles (et même pas papales). Il n’en est même pas vraiment blâmable : il n’a rien appris d’autre dans son cursus. Un « dictateur », pour lui, c’est évidemment un méchant à moustache qui sacrifie des innocents en ricanant d’aisance. Dans sa culture politique, Hergé est tout de même beaucoup plus nazi que Casimir. Et ça ne va pas chercher plus loin. Le reste est à l’avenant. Il aurait même pu, avec un peu de lettres et d’esprit, démontrer que nous n’étions pas en « dictature ».

Il y a pourtant deux problèmes majeurs rigoureusement inaccessibles à sa suffisante pensée complexe : le génie qu’on nous a vendu (très cher) est un cuistre infantile, et nous ne sommes plus vraiment en démocratie non plus. Et la vraie vie, c’est parfois un peu plus subtil que les dessins animés.
Mais même ça, c’est au-dessus de ses joviennes forces.

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[Billet invité] « Jupitre est-il dangereux » me demandais-je en juin 2018… – Par Mathieu Morel

En cherchant complètement autre chose, je suis tombé sur cette vieillerie de juin 2018 [un billet de Mathieu Morel relayé par Régis de Castelnau sur son blog « Vu du droit »].

« Le roi possédait un miroir magique, don d’une fée, qui répondait à toutes les questions. Chaque matin, tandis que le roi se coiffait, il lui demandait :
Miroir, miroir en bois d’ébène, dis-moi, dis-moi que je suis le plus beau. Et, invariablement, le miroir répondait :
En cherchant à la ronde, dans tout le vaste monde, on ne trouve pas plus beau que toi. »

Une fois de plus, on aurait tort de ne voir, dans les outrances répétées – et de plus en plus sidérantes – que nous sert frénétiquement notre distingué Jupitre Überschtroumpführer, que de bénignes maladresses, des erreurs de communication ou même un anodin excès de confiance qu’il suffirait de mettre sur le compte de son ardeur juvénile et « disruptive ».

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[Billet invité] On n’est plus très loin d’un joyeux bordel – Par Mathieu Morel

L’image contient peut-être : texteBon, trêve de plaisanterie…

Un peu partout, à droite à gauche et en même temps, les grand-messes des uns et des autres sont annulées une à une. C’est d’ailleurs particulièrement visible début janvier où, parmi les grand-messes en question, on compte nombre de « cérémonies des vœux » prodiguées par des huiles dont l’exercice consiste, en plus de se tirer la nouille entre eux en d’interminables et gluantes auto-congratulations, à faire semblant de passer un cirage bienveillant sur le dos de leur piétaille pour mieux lui… enfin j’vous dis pas mais vous comprenez l’esprit : ce n’est pas vraiment du cirage et c’est un peu plus vers le bas du dos.

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[Billet invité] Au bout du chemin, voilà les cigales ! – Par Baloo Kâa – le 04/01/2020

Le chant de la cigale 2 - YouTube

L’homme qui se pose un matin devant sa glace,
Se regarde longuement en esquissant une grimace.
Depuis un moment, il s’est aperçu que cette vie l’étouffe,
Qu’il ne supporte plus ces parasites qui ne vivent que dans l’esbroufe.
Lui qui se considère humaniste, n’est en fait qu’un pauvre utopiste
Qui se sent usé, de toujours devoir lutter contre ces nouveaux autistes,
Ces esprits sourds aux problèmes humains qui, isolés dans leur monde,
Ne pensent qu’à servir leurs puissants maîtres immondes.

Le ciel gris ne donne pas envie de mettre son nez dehors
Et comme d’habitude, les nouvelles sont encore accablantes.
Les journaleux de mauvais augure qui apportent la tourmente
Ressemblent, dans leurs costumes sombres, à des vrais croque mort,
Prêts à surgir sur les écrans ou sur les ondes pour faire l’opinion
Et annoncer, ici un massacre, là-bas un crash d’avion,
Ou encore, un banal règlement de compte entre dealers.
Au final, il se sent presque soulagé d’avoir évité les prédateurs.

Il ne comprend pas pourquoi ce monde est de plus en plus violent.
L’agressivité est devenue la norme, les incivilités se sont banalisé.
Les gens ont oublié les valeurs essentielles dans cette société sclérosée
Mais pourtant, il continue malgré tout à saluer ses voisins,
Même ceux qui ne lui répondent plus depuis longtemps.
Et quand il sourit aussi aux inconnus qui croisent son chemin,
Certains le prennent pour un demeuré, d’autres l’ignorent,
Qu’importe, il ne se soucie pas d’eux, ils font juste partie du décor.

Ceux qui le connaissent un peu, savent bien que ces sourires de façade
e changent rien au fait, qu’il est avant tout, un vieil ours solitaire.
Des curieux, intrigués par ce personnage toujours silencieux
S’aventurent quelques fois et osent un contact audacieux.
S’il interprète cette approche comme une embuscade,
Il repousse gentiment tous ceux qui l’exaspèrent.
Par contre, s’il ressent en eux du respect et de la sincérité,
Il peut vite devenir bavard et révéler parfois un côté survolté.

S’il semble si peu avenant le bougre, c’est juste le résultat de la trahison
D’amis infidèles qui ont joué avec lui et assombri son horizon.
Mais tous ces moments de déception, ces montagnes russes d’émotion,
Il arrive maintenant à en parler au détour de certaines discussions
Comme si tout ce qu’il a vécu n’était finalement pas si grave.
Aujourd’hui, Il semble serein, il s’est reconstruit une nouvelle vie
Et il rêve encore de réaliser tous ses désirs inassouvis
Qu’il avait mis de côté pour bosser dur, jusqu’à se rendre esclave.

Son avenir se dessine dans un paysage de lavande et d’oliviers.
Il n’est pas exigeant, il veut juste être près de la mer et des palmiers,
Avoir sa femme à ses côtés et profiter avec elle de la vie provençale
Qu’ils quittent à regret après chacune de leurs escapades estivales.
Devant sa glace, la grimace s’efface et laisse la place à un sourire.
Il voit déjà ce petit paradis, où tranquillement il pourra vivre et écrire,
Doucement, il s’imprègne du sud et entend presque le chant des cigales.
Il sait maintenant qu’il en faut peu pour que le plaisir soit total.