Archives du mot-clé intérêt général

Je suis pessimiste ces jours-ci…

Il peut y avoir pas mal de trucs qui me mettent en colère…

Dans la liste, et en bonne place, il y a les propos de tous ces connards qui doivent tout de leur carrière, de leur aisance financière, de leur notabilité, voire un jour ou l’autre de leur notoriété, à l’État justement. Cet État qui leur est si odieux qu’ils ne cessent de lui cracher à la gueule à longueur d’antenne ou de colonnes, que ce soit dans la presse grand public ou dans les revues « sérieuses » comme celles éditées par les organismes universitaires d’études sur l’administration ; cet État qu’ils ne cessent de dénoncer, de vilipender, de discréditer, de désorganiser, de dévaster, de rendre impuissant pour ensuite pouvoir confier à des firmes privées – et à coût sans cesse croissant – le soin de rendre des services d’intérêt général qui, jusque là, étaient rendus par l’État, avec efficacité le plus souvent et à moindre coût, voire en toute gratuité ; cet État qui, par ses écoles d’élite (il n’y a pas que l’ENA) les avaient formés et auraient dû leur inculquer la vocation de défendre cet État et ses services publics, de les maintenir efficaces, performants, disponibles, accessibles, et ce à moindre coût. C’est cet État que, directement ou indirectement, grossièrement ou avec un air tout à fait faux de finesse et de mesure, ils ne cessent de dézinguer, de démanteler, de déconstruire, méthodiquement, pierre après pierre, établissement après établissement, dans un plan d’ensemble qui n’est plus très loin de parvenir à son terme… Certains de nos anciens et historiques services publics ont ainsi été déjà tués il y a longtemps. De l’hôpital public et de la Sécu, il n’est pas loin de ne rester que des ruines. De l’école publique, il y a encore quelques traces mais plus pour longtemps. Quant à la fonction publique, s’il lui reste quelques années à vivre, du moins dans son périmètre actuel non réduit aux fonctions dites régaliennes, c’est bien un maximum. Et de toute façon, même le « régalien » peut se réduire comme peau de chagrin. Il y a bien une tendance lourde aux États-Unis à privatiser les armées et à constituer, à côté des « polices officielles » de vraies milices privées. Aussi bien dotées et armées que les forces de l’État, voire mieux encore !

Lire la suite Je suis pessimiste ces jours-ci…

Quand il est « minuit moins une », jouer au petit chimiste et chercher sans cesse à créer de nouvelles molécules est-il un acte responsable ?

J’ai envie de sous-titrer ce billet : « De l’atomisation en cours du paysage politique français… »

Presque chaque jour, naît en France un nouveau parti ou plutôt, un nouveau « mouvement ». Avec souvent de bien bonnes idées (du moins de mon point de vue) et plein d’apparente bonhomie, mêlée de bonne volonté de les défendre jusqu’au bout. Avec aussi, semble-t-il, une bonne dose de sincérité (pour autant que l’on puisse en juger mais hélas nous n’avons jamais, nous-mêmes, toutes les cartes en mains pour dresser un diagnostic qui soit fiable de manière absolue…). Et plus ou moins de talent pour témoigner de l’une et convaincre de l’autre.

Mais en politique (au sens noble de gestion des affaires de la « cité »), si la pensée unique ou le parti unique est un des fléaux les plus toxiques, et si la forme moderne de cette pensée unique et de ce parti unique qu’est l’hégémonie (de plus en plus contestée et brinquebalante) du néolibéralisme qui en tient lieu l’est tout autant, je ne vois pas, dans l’atomisation politique qui prend corps sous nos yeux ébahis, de source d’espoir pour demain.

Lire la suite Quand il est « minuit moins une », jouer au petit chimiste et chercher sans cesse à créer de nouvelles molécules est-il un acte responsable ?