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[Billet invité] Imagine-t-on le Général… ? Par Mathieu Morel le 28/01/2020

« Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? » lançait, goguenard (et longtemps avant l’hologramme Evribodinozeroulzes), celui qui aurait pu s’en payer le luxe dès la cinquantaine et allait pourtant devoir se fader un peu plus tard les premières pollutions aussi révolutionnaires que nocturnes des Romain Goupil et autres Daniel Cohn-Bendit. Les mêmes jeunes crétins dont, trop longtemps après, nous devrions encore subir les fulgurances de vieux cons aigris sans jamais être autorisés à les remettre en question au nom – au choix ou en bloc – de la « liberté », du « jeunisme », du « respect dû à leur grand âge », des sacro-saintes « valeurs » (dont on finit par ne plus très bien savoir de quoi il retourne vraiment tant on en a dilué tous les principes mais tant que ça sonne et trébuche, c’est toujours ça de négociable).

Que reste-t-il de leur révolution de 68 ?

La liberté ? Au point que l’ « interdiction d’interdire » a fini par donner à chacun le droit d’exiger d’autrui ce qui lui chante. Plus il est « interdit d’interdire », plus on a intérêt à mesurer soigneusement ce qu’on dit ou fait, « principe de précaution » oblige. Et pour éviter les ennuis, on légifère même préventivement à tour de bras afin que chaque singularité puisse être reconnue comme une portion d’intérêt général potentiel. On n’est jamais trop prudent.

Le « jeunisme » ? De jeunes, ils n’ont jamais toléré qu’eux-mêmes. Ou, à la rigueur, ceux sur lesquels ils expérimentaient leurs novatrices doctrines progressistes et « doltoïdes » dans des bidules expérimentaux et « alternatifs », dont les fondements scientifiques étaient inexistants et les résultats, globalement, se sont avérés désastreux. Mais peu importe : le youkaïdisme stérile, tout comme la roue d’un hamster, est une éternelle espérance.
Oui mais le salaire minimum a augmenté, on a eu les Accords de Grenelle, ce fut un grand moment social. Certes, mais Goupil et Cohn-Bendit n’y sont pour rien (et ils ont encore la décence – en supposant qu’ils y pensent seulement – de ne pas se l’attribuer, soyons bons princes). Eux, ce qu’ils réclamaient, c’était le droit libre d’aller voir les filles dans les dortoirs. Pas d’améliorer la condition du plouc.

Le vrai bilan, pourtant, est tombé comme un couperet (pourvu que Sa Sainteté Badinter me pardonne l’allusion potache), rien de moins qu’un jubilé plus tard. De leur révolution, on ne retient plus que ces deux vieux-jeunes confits dans leur vinaigre, qui ont eu tout loisir de conseiller – mal, avec un soin qui forcerait presque la considération – tous les princes et trouvent encore le moyen de brailler que « c’était mieux avant ». Ne serait-ce que parce qu’ « avant », les jeunes, c’était eux. Alors que depuis, c’est tout à fait ridicule : les jeunes ne rêvent même plus comme eux à leur âge. Sont-ils bêtes ! À leur crépuscule, ils ont même promu, vendu corps et âme et en tortillant de la bedaine, un jeune insipide dont ils se plaisent à croire – la naïveté étant souvent l’Eau de Jouvence des imbéciles – qu’ils sont les indispensables pygmalions libidineux. Comme pygmalions, ils seront évidemment cocus selon le sens que le vent voudra bien prendre. Comme libidineux, ça ne changera pas grand chose : que leurs Dieux se tripotent, et eux avec.

Mais leur jeune oie prodige avait déjà son Agrippine. Ces Kapos zélés et volontiers orduriers feraient bien de se demander, un jour, à quoi ils ont réellement servi et si leurs calculs ne risquent pas de se retourner, un jour, contre eux. 50 ans de bons et loyaux services d’un idiot utile, ça peut aussi être une belle monnaie d’échange pour sauver la tête d’un scélérat sans vergogne.
En attendant, ils posent en vieux sages, invitent promptement à restreindre les libertés élémentaires – des autres, évidemment – parce qu’ils ont un peu les chocottes, et n’hésitent pas à déplorer que les flics n’aient plus le droit de tirer dans le tas. Comme au bon vieux temps. Comme avant. Avant eux, d’ailleurs. Parce que sinon, leur révolution, nous l’attendrions sans doute encore. (Ou pas).

Ça sera aussi cela, le « bilan » de « leur révolution » : rien. La chienlit et rien. Une poignée de vieux cons qui caquettent, pérorent et s’indignent de la violence des séditieux d’en face, et qui trouvent tout naturel que des Milices assermentées leur pètent les tibias, les yeux, l’honneur, la dignité, l’outil de travail. C’est que ces révolutionnaires-là, ma bonne dame, ça ne sait pas beaucoup ce que sont le travail, la dignité, l’honneur, les yeux pour voir… Ces révolutionnaires-là, ça voulait juste s’offrir une parenthèse enchanteresse pour frémir un peu avant de revenir à la gamelle. Ces révolutionnaires-là, après avoir bruyamment craché dans la soupe, se sont jetés dessus et ont passé la gamelle par pertes et profits. Ils nous ont laissé tout à refaire après avoir bradé les outils. Et quand on a l’outrecuidance de suggérer qu’ils ont peut-être un peu charrié aux entournures, ils s’agacent et nous traitent – tout en nuances – de vieux cons et de nazis.

Après, on s’offre les De Gaulle qu’on mérite.
Et on dispense les leçons de « dictature » et de « démocratie » qu’on peut.

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On peut retrouver l’article original en cliquant ici.

04/12/2019 – Le compte à rebours est déclenché…

Tic tac tic tac tic tac...

Il y a quelques temps, j’avais écrit, à l’instar de beaucoup d’autres (ami-e-s et personnalités), que ce qui est « génial » avec les adeptes du capitalisme intégriste, c’est leur hubris, je veux dire leur sentiment – à force de victoires accumulées contre nous – de pouvoir faire absolument tout ce qu’ils veulent ad vitam æternam, de pousser toujours plus loin leur délire et leur violence – institutionnelle, économique, sociale – et de croire finalement que jamais personne ne les arrêtera plus.

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La révolution n’est pas un pique-nique – Par Frédéric Lordon – Le 19/02/2014

Je vous propose ci-dessous la retranscription partielle que j’ai faite de l’intervention (à visionner ici) de Frédéric Lordon au colloque “Penser l’émancipation” organisé à l’Université de Paris Ouest Nanterre du 19 au 22 février 2014.

Frédéric Lordon est intervenu le 19 février 2014.

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Le RIC : une menace contre la République qui ne dit pas son nom ou une arme de destruction massive du système oligarchique et capitaliste ?

RIC

Je réagis au regard de divers messages et prises de position que j’ai lues ces dernières heures et ces derniers jours à propos du RIC [le Référendum d’Initiative Citoyenne].

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La révolution n’est pas un pique-nique – Par Frédéric Lordon – Le 19/02/2014

Je reproduis ci-dessous la retranscription partielle que j’avais faite de l’intervention (à visionner ici) de  Frédéric Lordon au colloque « Penser l’émancipation » organisé à l’Université de Paris Ouest Nanterre du 19 au 22 février 2014. Frédéric Lordon est intervenu le 19 février. Je l’avais publiée sur mon ancien blog (voir ici).

BALLAST | Frédéric Lordon : « Dire ensemble la condition ...

La photo ci-dessus est de Stéphane Burlot (cliquer ici pour accéder à son compte Instagram) et figure dans un entretien que Frédéric Lordon a donné à la revue Ballast le 19 novembre 2018 (entretien que l’on peut retrouver en cliquant ici).

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Je crois que du moment où j’avais reçu cette invitation à ce colloque, dont je remercie vivement les organisateurs au passage, j’avais pris le parti d’un rôle qui est celui de la dissonance et du dégrisement. Comme il en faut toujours un pour jouer le mauvais esprit, je me suis dévoué.

Alors je ne sais plus au juste quel titre j’ai donné mais je crois que si c’était à refaire, je donnerais volontiers celui-ci : « D’une étroite ligne de crête ».

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La violence des forces de l’ordre ne peut qu’engendrer, en retour, la violence décuplée d’un peuple qui veut survivre…

Depuis quelques heures, depuis quelques jours, les nouvelles tragiques du “front” se multiplient. Les victimes expiatoires de la cruauté du système se comptent par dizaines. Des morts, nous en avons déjà. Plusieurs. Des blessés pour le restant de leur vie, c’est pas dizaines qu’on les dénombre.

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La liste de la France Insoumise pour l’élection européenne 2019 : la menace d’un sabre de bois !

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Je vous livre ci-dessous les réflexions que m’ont inspiré d’une part l’annonce de la composition officielle de la liste « Maintenant le peuple » présentée par la France Insoumise pour l’élection européenne à venir, et d’autre part le contexte politique général avec la révolte des Gilets Jaunes…

Le sabre de bois est cette arme que Polichinelle (Pulcinella) c’est-à-dire l’un des personnages de la comédie italienne la Commedia dell’Arte sortait sans cesse pour donner le sentiment de se battre contre ses adversaires et ses ennemis mais qui ne leur faisait jamais aucun mal puisqu’il ne se battait que pour de faux comme diraient les enfants… Eh bien, Mélenchon ressemble de plus en plus à ce personnage de théâtre !

La COMmEDIA DELl’ ARTE. - ppt video online télécharger

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